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Dirty Sweet

American Spiritual

Acetate Records


ROCK Dirty Sweet, des Californiens qui joue un rock garage teinté de blues et d’ambiance 70’s. Leur troisième album AMERICAN SPIRITUAL a conquis le coeur de notre journaliste.

Curieux d’associer le coté mignon au coté sale et plus mauvais.
Et vu la pochette, la tête d’un squelette d’animal qui n’a rien de « sweet
», d’amical, on peut penser qu’il s’agit d’un disque de metal. Mais qui
vous a dit qu’en jugeant sur les apparences on avait toujours raison ??? Parce
que c’est bien un disque de rock, mais un disque paradoxalement pas trop
américain dans sa sonorité (contrairement au nom du disque AMERICAN SPIRITUAL), véritable carrefour d’influences « mondiales » de grands
groupes ou genres du rock. Et je ne peux vous cacher le plaisir à entendre
chaque note de ce disque.

Et si, justement, ce coté américain était l’esprit pionner, ce carrefour de
cultures européennes, latines, africaines se mariant pour le meilleur et que le
meilleur. A l’écoute, c’est ce qu’il en ressort. De la pop anglaise des
sixties (des chœurs façon Beatles), du hard rock, de la country, du folk
américain, des ballades comme celle du groupe allemand Scorpions. Et tout ca,
sur un seul disque. Et ce qui révèle du génie, le disque garde une unité,
malgré les sonorités très variées, et va bien plus loin que la copie de
genres déjà connus. C’est tout simplement un disque du XXIe siècle qui ne
cachant pas ses influences ! Plus loin que l’imitation, c’est la maitrise des
genres et une compilation de ce qui se fait de mieux dans le rock.

“An Empty Road”, par exemple, est du même niveau qu’un “Still Loving You” de
Scorpions. L’arrangement est subtil, avec un chœur féminin rajouté, mais
n’exagérant pas l’émotion au point de rendre l’ensemble kitch ou ridicule.
Le solo de guitare laisse place à un orgue électrique, réalisant une
improvisation digne des grands groupes des années 1970 comme Uriah Heep ou
Deep Purple. Une magnifique ballade, comme “You Dont’t Try” d’ailleurs, qui est
un peu plus retro avec un coté slow-rock (en 6/8, pour les musiciens), comme
par exemple “Only You” des Platters.

Ca reste un plaisir

D’autres titres sont plus dans le hard rock, comme “Rest Snider, Rest”, ou
“Crisom Cavalery”. Ce dernier comporte un bon riff, sur lequel se
greffe une mélodie bien travaillée (et non une voix de remplissage, comme
cela arrive). L’arrangement n’est pas du bourinage intensif, le tempo varie,
mais ça balance quand même.

D’autres titres sont plus pop, comme “You’ve Be Warned” ou “Star-splagled Glamour”. Ce titre-là commence comme une ballade pop, au tempo modéré, à la
guitare folk. Progressivement, le son s’électrifie, de plus intensément,
jusqu’à être totalement sale et saturé à la fin de la chanson. A la fois
sweet, à la fois dirty… “Marionette” pourrait figurer sur un disque d’Uriah Heep. Richesse mélodique,
guitare et orgue électrique partageant l’accompagnement (sans que l’un soit
d’avantage mis en avant). Et pour un amateur du groupe des années 1970,
autant vous dire qu’un titre aussi musical, avec un arrangement travaillé
(comme pour chaque titre du disque d’ailleurs), des mélodies ni trop
compliquées, ni trop simplistes, et toujours cette émotion, quelle quel soit,
passe toujours, ça reste un plaisir.

Un bémol? Seulement dans la partition

Le final, “American Spiritual”, n’a rien d’un negro spiritual américain.
Arrangé comme une chanson folk, écrit comme un hymne en quelques accords et
une mélodie assez simple, il possède une grande puissance qui devrait faire
son effet sur scène.
Je pourrais en faire de même avec chaque titre du disque, puisqu’il n’y a
rien à jeter là-dessus. Les solos sont variés, les effets de guitares
multiples, l’instrumentation riche, chaque chanson est différente de la
précédente sans pour autant dérouter l’auditeur. Vous l’aurez compris, ce
disque est bien travaillé, arrangé d’une manière subtile et très variée,
bien produit, bien interprété et devrait figurer, sans hésiter, dans les
bons disques de rock que l’on se doit de posséder. Un bémol, peut-être,
mais il doit se trouver dans la partition, et non à l’écoute !


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