mardi , 25 septembre 2018
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Dead Confederate

Wrecking Ball

TAO Records


GRUNGE. Qui a oser dire que le grunge était mort ? Ce n’est en tout cas pas les Dead Confederate qui sortent (qui ont sorti) leur premier album, qui vont nous dire le contraire. Retour sur l’album fraichement arrivé en Europe.

Comme souvent en Europe, nous sommes en retard… Un an et demi que l’album WRECKING BALL de Dead Confederate est sorti aux USA et c’est seulement maintenant que l’on découvre ce groupe d’Athens en Géorgie (fief de REM). Par contre, quand il s’agit de nous envahir avec les merdes que l’on voit sur MTV, l’Europe devient un marché intéressant. On connait bien les enjeux monétaires liés à la distribution, mais c’est souvent frustrant de n’être vu que comme un gros porte-monnaie. Malgré ce retard de quelques mois, restons optimiste et voyons le bon côté des choses : nous pouvons au moins apprécier Dead Confederate et ils ont à la chance d’être distribué par chez nous contrairement à bons nombres de groupes encore inconnus.

Efficace et sale

WRECKING BALL est donc le premier album du groupe, il a fait suite à un EP et depuis sa sortie un nouvel EP est disponible. Dès les premières secondes de “Heavy Petting”, la voix d’Hardy Morris nous laisse pantois et songeur. Elle sonne grunge à souhait, elle est très rocailleuse et elle a un côté féminin. Par la suite, on a le sentiment qu’elle se stabilise sur quelque chose de plus passe partout, qui reste cependant dans la lignée grunge attendue. Ou alors on s’habitue, dur à dire… Le premier single “The Rat” intervient alors pour mettre tout le monde d’accord. Efficace et sale. Mais de la saleté choisie avec une justesse redoutable. Le grunge proposé par Dead Confederate est très lent, comparé aux grand noms de la scène de Seattle des années 90. On pourrait dire que c’est du post-rock, eux-mêmes se disent rock-psyché. Les solos aériens genre My Morning Jacket y sont sans doute pour quelque chose. Ne vous imaginez pas trouver un successeur à Soundgarden, Nirvana, Alice in Chains ou Pearl Jam. Ce grunge-là est mélancolique, profond, totalement différent.

En plage quatre, on l’impression de connaître le titre. “It Was A Rose” est fortement influencé (voire presque pompé) par le seul tube de Tanita Tikaram, “Twist in My Sobriety”. Tout le monde connait ce succès des années 80, par contre on se souvient déjà moins facilement du nom de la chanteuse. (Merci JPI). Un titre très lent, mais qui monte en intensité au fil des minutes.
Dead Confederate joue aussi la carte plus « rentre dedans » avec “Start Me Laughing”. Ce n’est pas dans ce registre qu’ils sont le plus efficaces, mais les quelques comparaisons avec Nirvana que l’on a pu lire proviennent sans soute d’écoutes répétées de ce titre.

Encore désolé pour le retard

En fin d’album, “Flesh Colored Canvas” est incontournable. Lenteur, lourdeur, profondeur et surtout longueur (12 minutes). Solos aériens à n’en plus finir, voix éraillée, changement de tempo, tout y passe.
Notre version de WRECKING BALL contient trois bonus track pour que le plaisir dur plus longtemps. Des bonus intéressants, tout à fait dans la lignée de ce qui précède. Mais les 10 titres originaux suffisent à cet album pour faire partie des révélations 2008. Et oui, encore désolé pour le retard.


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