mardi , 18 septembre 2018
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Cheikh Lô – BALBALOU

Balbalou

Wagram Music

Je dois avouer qu’à la réception de cet album j’ai eu peur de la chronique qui pourrait en sortir. Les partis pris politique ne sont pas toujours intéressant à commenter, d’autant plus lorsqu’il s’agit du terrain glissant de la religion. Pourtant, et c’est bien là le miracle et le plaisir d’écouter de la musique : la magie a opéré, j’ai vraiment savouré cette découverte qui va bien au-delà du débat politique.

Cheikh Lô est un artiste africain, originaire du Burkina Fasso, qui prends son temps pour peaufiner ses réalisations. C’est son 5ème album solo, dans une carrière musicale qui l’a mené à rencontrer bien des musiciens et à partager sa musique dans une myriade de styles aussi vastes et variés les uns que les autres. C’est d’ailleurs certainement de là que lui viens cette ouverture et ses inspirations colorées. Bref, 5 ans. C’est à peu près le temps qu’il lui faut pour présenter un nouvel album. Une force tranquille, et un objectif sûr qui lui permet de nous offrir aujourd’hui ce nouveau voyage : BALBALOU.

A peine le CD mis dans le lecteur, mes inquiétudes se sont envolées. Celui qui est décrit sur la pochette de l’album comme un musicien engagé dans la cause Africaine, Musulman éclairé de la confrérie des mourides au Sénégal qui interpelle les chefs d’états locaux et les chefs de guerre dans toute l’Afrique et le moyen orient, s’avèrent être un artiste doux, ouvert et heureux. Et surtout doué d’une grande ouverture musicale à tous les types de groove. Qu’ils soient plutôt cubains, hispanisants, directement tiré de la pop ou du rock, et bien sûr issus des rythmes de percussions africaines. Cheihk Lô saura les faire siens, dans une orchestration décomplexée et un arrangement haut en couleur.

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C’est le cas dés BAMBA, un mix de Mbalax (rythmes energiques sénégalais) et de rythmes Pop. Le chant dans une langue que je ne connais pas donc je ne me risquerai pas à l’interpréter. Ceci dit, cette première chanson a eu le mérite de mettre du soleil dans mon salon, et de me tirer un grand sourire. C’est là que j’ai réalisé : Putain c’est bien ! La suite s’enchaine avec les mêmes rayons de soleil, et le même amour de la musique. Les langues alternes aussi, tantôt en français, tantôt dans d’autres langues qui me sont inconnues. Par exemple SUZANAH est une douce mélopée chantée en français, sur un rythme joyeux et envolé, on y apprend avec bienveillance que SUZANAH est sa femme, mère de ses enfants, et qu’elle attend les bijoux de son mari. DOYAL NANIOU est un morceau véritablement engagé. Sur une rythmique un poil plus brut, qui tiendrai presque de l’électro swing à la française. Les seuls mots que je comprends sont « Africa, coup d’état » dans un refrain efficace. C’est ensuite un message adressé à tous les pays ou la géopolitique actuelle fait pleuvoir la tristesse. Il y invoque la paie au Mali, nous parle du Soudan, du Cameroun, ajoute quelques vers contenant l’Afghanistan et la Syrie. Il finira en faisant rimer South Africa avec Nelson Mandela… On parlait d’un homme engagé artistiquement, politiquement, culturellement et par la religion. Je salue bien bas l’initiative et le passage de son message dans la douceur de ses chansons. Il recommencera d’ailleurs avec BAISSONS LES ARMES qui se passent d’explications, et qui se joue sur un air de Salsa pur jus.

GEMOU MA KO est un super morceau contenant du cora (harpe africaine) qui fait échos aux paroles du chanteur dans un méli-mélo très coloré. BALBALOU est un des tubes de l’album, ou les trompettes d’Ibrahim Maalouf oscillent sur les rythmes afro-cubains. Et pincez moi je rêve, KOKUMA MAGNI ne sonnerai pas comme un certain CHILD IN TIME de Deep Purple ? Clin d’œil voulus, ou simple coïncidence Musicale, mon oreille LordsofRockeuse a apprécié le moment ! Il est bon de le dire, ce voyage était inattendu. Rafraichissant et revigorant ! Une ouverture d’esprit musicale qui fait plaisir à voir, pour un message plaidant les bonnes causes et dénonçant les maux de l’Afrique. A l’instar des Rastafari (mais à ne surtout pas confondre avec) ce sont des messages puissants et profonds qui passent à travers la plus joyeuse et la plus innocente des musiques africaine. C’est là un des forces de cette expression musicale, dénoncer le mal, en lui faisant la guerre, par des moyens de paix. Je vous tire mon chapeau, monsieur Cheikh Lô !


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