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Bruce Springsteen aux Vieilles Charrues

Les Vieilles Charrues

Carhaix, France


Lords of Rock a visité pour la première fois le festival de Carhaix, les Vieilles Charrues. Il faut dire qu’avec la venue du Boss, on ne pouvait pas tellement s’abstenir d’y faire le crochet d’un tour d’été dont la prochaine étape sera la Route du Rock, à St-Malo. Mais tout d’abord, impressions du concert de Bruce Springsteen.


Lourd, gris, et menaçant, le temps. On s’attendait à du vent, de la pluie, mais finalement la météo fut clémente. Eclaircies et crachin rafraîchissant. Par contre, nous avons eu le tonnerre, lorsque les foudres du E Street Band nous sont tombées dessus, à 21h40. « Bonsssouirrr CarhaiXE » annonce Bruce Springsteen en entrant sur scène, et d’entamer le légendaire et tonitruant “Badlands”. Suivrons “No Surrender” puis trois titres de son dernier album, dont l’épopée “Outlaw Pete”.

 

Le premier temps fort du show se profile, avec “Seeds”, ancienne composition de 1972, puissante et dramatique, terminée par un chorus de Stratocaster rageur, enchaîné à une version électrique et hallucinante de “Johnny 99”, tiré de NEBRASKA. Etirée sur dix bonnes minutes, avec chorus de Little Steven, petits jeux avec le public, fausse fin… un régal ! Sur “Youngstown” c’est Nils Lofgren qui s’y colle, solo virtuose et acrobaties. Après un “Darkness” classique, l’orchestre entame une version instrumentale de “Raise Your Hand” pendant que Springsteen descend dans le public récupérer des cartons où sont inscrits des titres de chansons. Il rapporte sa manne sur scène, et sélectionnera “Tenth Avenue Freeze Out” suivi de “I’m Going Down”, titre moins célèbre de BORN IN THE USA, exécuté très country-rock’n’roll. Arrive ensuite le monumental “Because The Night” (écrit à l’origine pour Patti Smith, voisine de studio en 78) avec duel de guitares entre Nils et le Boss.

 

 

Nous avons eu le tonnerre lorsque les foudres du E Street Band nous sont tombées dessus à 21h40

 

 

On calme le jeu avec un léger et sautillant “Waiting On A Sunny Day” repris par la foule, où une gamine de 7 ans sera mise à contribution (la pauvre restera muette et pétrifiée !). Autre moment fort, l’interprétation de “The River”, titre emblématique, riche de frissons. Au bout de deux heures, le Boss enchaînera “The Rising” et “Born To Run”, ce qui, après coup, n’est sans doute pas une bonne idée, les deux chansons jouant dans la même catégorie. D’autant que le départ ce morceau-ci était à mon sens un peu raté, faute à des plaqués d’orgue très présents.

Pause d’une minute trente, puis reprise des hostilités avec “Glory Days”, toujours aussi énergique, et un “American Land” aux accents celtiques, qui en Bretagne, se trouve être du meilleur goût ! Soozie Tyrell au violon, Roy Bittan et Charles Giordano aux accordéons. Longue version mouvementée, présentation des musiciens, dont un jeune guitariste à la barbiche encore juvénile : le fils aîné de Bruce ! A noter que maman Patti était absente de la scène. Après un “Bobby Jean” classique et carré, suivra un “Dancing In The Dark” survolté. Le Boss ayant repéré plus tôt dans le public une pancarte « I’m the french Courtney Cox » (nom de la comédienne qui dansait dans le clip), va rechercher la propriétaire : hop, la ravissante brunette se retrouve illico sur scène, pour un pas de deux !

 

L’occasion est trop belle

 

Exténué, Springsteen demande à quitter la scène, le public hurle, insiste, et après un dernier « one two tree.. » on se prend en pleine poire une version dantesque de “Twist and Shout”, où le public sera une fois de plus mis à contribution sur l’air de “La Bamba”. Springsteen clôt le morceau, à genou, agrippé à son micro, tête en arrière. Il réclame de l’eau que Little Stevie lui verse dans la bouche. Il se relève péniblement, et redémarre la loco ! Après une énième virée dans le public, Springsteen remonte sur scène, à reculons, trébuche sur un ampli de retour, et s’étale sur le dos. Nils se précipite : heureusement rien de cassé. Mais l’occasion est trop belle. Little Stevie ramène une éponge d’eau, et soigne son Boss comme le ferait un entraîneur de boxe entre deux rounds, quand son poulain est KO. On ramène le patron à son micro. Springsteen nous la joue je suis perdu, qui-suis-je, que fais-je… rassuré par ses potes… et dans un ultime sursaut, il relance pour la troisième la vapeur de ce “Twist and Shout” d’anthologie.

00h15 : fin du concert. Alors bien sûr, quand on suit Springsteen depuis 20 ans, on commence à connaître le Monsieur. Les titres enchaînés (pratiquement aucune pause, donc !) les incessantes visites au public, les échanges, les jeux, la comédie, l’engagement physique, le choix des titres à la carte, et le plaisir contagieux de voir ce type de 60 balais s’amusait autant sur scène avec ses potes. Cela reste un spectacle ébouriffant. Et quel répertoire ! Le public des Vieilles Charrues, plus jeunes, ne connaissaient sans doute pas. Ils en sont restés cloués sur place ! Et aussi certainement des gens du coin, qui sont venus en curieux, comme mon voisin, un papy bien rougeot , qui n’arrêtait de s’extasier : « c’est pas possible ! c’est génial ! y va pas faire ça ? Ooooh ! ». Une soirée mémorable.  D’autant que The Killers, qui faisaient la première partie, avec leur pop vaguement énervée, et malgré leur jeunesse et leur envie de bien faire, faisaient bien pâle figure, et manquait de présence scénique.

Comparé à l’autre « plus grand groupe de rock du monde », U2, vu quatre jours avant à Paris, avec leur show pyrotechnique à rayon laser machin-chose, pompeux, statique et trop sérieux, Bruce Springsteen et son E Street Band, nous ont encore distillé une vraie leçon de rock’n’roll, d’engagement, et de générosité.

 

Une vraie leçon de rock’n’roll, d’engagement, et de générosité.

 

 

Set-list :

Badlands
No Surrender
My Lucky Day
Outlaw Pete
Out In The Street
Working On A Dream
Seeds
Johnny 99
Youngstown
Darkness On The Edge Of Town
Raise your hand
Tenth Avenue Freeze-Out
I’m Going Down
Because The Night
Waiting On A Sunny Day
The Promised Land
The River
Radio Nowhere
Lonesome Day
The Rising
Born To Run

Glory Days
American Land
Bobby Jean
Dancing In The Dark
Twist & Shout


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