mercredi , 14 novembre 2018
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Bright Eyes & Neva Dinova

One Jug of Wine, Two Vessels

Saddle Creek Records


INDIE-FOLK Une réédition avec 4 titres bonus. Ce n’est pas une déchronologie car ce sont ces 4 titres qui sont examinés à la loupe par notre journaliste. ONE JUG OF WINE, TWO VESSELS: un album à découvrir ou redécouvrir.

Omaha Nebraska. « Gateway to the West » comme on dit là-bas ; porte qui laisse entrer les courants d’air, la ville étant située sur la Tornado Alley. C’est de là que nos protagonistes débarquent avec cette réédition agrémentée de quatre titres tout frais pondus. Mais de qui je cause ? Juste de Conor Oberst, les doigts et l’esprit de Bright Eyes depuis 12 ans, doigts et esprit desquels sont nés 10 albums. Juste de Jake Bellows, la voix et le souffle de Neva Dinova depuis les 90’s, voix et souffle qui ont vogué entre slowcore et country-folk dissidente.
Ce « split album », comme on dit dans le jargon, était né une première fois en 2004, où six titres sont créés par ces deux pairs de poignes savamment talentueuses. Alors qu’Oberst avait mis de côté l’aventure Bright Eyes après la sortie en 2007 du fondamentalement inestimable Cassadaga – au profit de sa collaboration avec Mystic Valley Band, où il se confine au folk–, sort ce ONE JUG OF WINE, TWO VESSELS, « prototype numéro deux ». On nous avait pourtant promis un nouvel – comprenez intégralement nouveau – album pour 2010, album qui devait mettre un terme à l’aventure Bright Eyes. Tout de même, quel manque de délicatesse… Mais on entend murmurer que ceci n’est qu’une fausse inquiétude, que l’automne nous donnera satisfaction.

La vie, la mort, l’amour déçu, la drogue

Bref. « L’album » ouvre donc sur les quatre nouveaux titres, histoire de ne pas nous faire patienter. La vie, la mort, l’amour déçu, la drogue, toutes ces sombres pensées sont présentes, on en a pas encore fini avec le mal-être. “Rollerskating” reprend une signature propre à Bright Eyes : une introduction étrange – un monologue d’enfant lointain –, avant que cette voix chaude ne déboule sur une densité musicale raffinée, plus proche de la pop des 80’s que du folk 60’s qu’Oberst affectionne de plus en plus. “Happy Accident” joue sur les clochettes, donnant un contraste intéressant avec la robustesse de la voix d’Oberst. Autre contraste, celui qui s’instaure entre le chant des deux compères : la tension et l’aigreur des cordes vocales d’Oberst répondent au chant lissé, semblant venir d’outre-tombe, de Bellows. Ceci a de quoi donner du relief à la galette. Si “Someone’s Love” peut vous donner des aigreurs d’estomac tant ses chœurs sont indigestes (on retrouve le répertoire-lamentations propre à Neva Dinova), “I Know You” en réjouira plus d’un : la caisse claire, d’une lourdeur pressante, se mêle à ce chant urgent. Un vrai titre de velours.

Des six anciennes ballades, soulignons “Black Comedy”, où un violoncelle joue avec nos nerfs, ou le cynique “I’ll Be Your Friend”, où le saxophone vient quelque peu gâcher cette poésie dérangeante.
Bien que 6 ans séparent la création des titres, ONE JUG OF WINE, TWO VESSELS émet une cohérence assez étonnante. Mais on reste néanmoins sur notre faim jusqu’à l’automne prochain…


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