vendredi , 22 novembre 2019
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Bombino au Romandie


REVIEW - Bombino était au Romandie pour nous faire danser au son de l’autre Desert Rock, mélange habille de blues et de musique traditionnelle du Niger.

Le parcours d’Omara Moctar, alias Bombino lorsqu’il brandit sa guitare, n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il faut dire que du haut de ces 34 ans le nigérien a déjà taillé un sacré bout de route : nomade, réfugié politique, musiciens de mariage et maintenant rock star adoubé par Dan Auerbach. La guitare, il l'apprend en autodidacte, bercé depuis son enfance autant par les riffs de Jimmy Hendrix et Mark Knopfler que par les sonorités traditionnelles Touareg. Sa musique reflète parfaitement cette dualité : des textes chantés en Tamasheq, des paroles qui fleurent bon la vie au grand air, le tout plaqué sur des mélodies blues. A l’instar du Buena Vista Social Club, c’est un documentaire – Agadez, the Music and the Rebellion – qui amènera Bombino jusqu’à nos oreilles. Le réalisateur Ron Wyman, en tournage au Burkina Faso ou réside alors Bombino, tombe sur une cassette de l’un de ces concerts, nous sommes en 2009. S’ensuivra une collaboration entre les deux hommes qui débouchera sur le film, dans lequel il est autant question du statut du peuple Touareg que de musique. Cette rencontre donne également l’occasion à Bombino d’enregistrer son premier album, AGADEZ.

L’audience hétéroclite qui se presse au Romandie en dit long sur les qualités de l’homme bleu. Sapés en habits traditionnels, guitares sèches sur les genoux, le set commence par 4 morceaux qu’on imagine chantés sous les tentes depuis la nuit des temps. Bonne entrée en matière mais le publique marquera tout de même son contentement lorsque le musicien empoigne sa Stratocaster pour entrer dans le vif du sujet. Et le vif du sujet c’est son dernier album, produit par Dan Auerbach. Car il ne faut pas se leurrer, si le nigérien a conquis un si large publique c’est avant tout grâce au son garage et à la touche de groove que le charismatique frontman des Black Keys a sut instiller aux compositions de Bombino. Le concert se poursuit en alternant les morceaux de ces deux albums – NOMAD et AGADEZ – ainsi que plusieurs autres titres, sans qu’on sache s’il s’agit de compositions propres de Bombino ou de chants Touareg ancestraux. Les interventions décalées de son ami griot d’Agadez, retrouvé un peu par hasard à Lausanne, les solos de guitare hero et son déhanché caractéristique rythment les deux heures d’un concert intense.

Si le jeune Omara assure le show, il apparait d’une timidité déconcertante lorsqu’il s’adresse à son public. On l’imagine plus à l’aise dans son Ténéré natal, qu’il s’empresse de retrouver entre 2 tournées. Un grand moment de partage au Romandie.


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