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Bloc Party en interview

Interview

Universal


Sur la terrasse du Caviar House, rencontre avec Matt Tong, le batteur bavard de Bloc Party et sur scène et en interview. Normal, il est aussi le pilier du groupe avec Kele Okereke, chanteur du groupe.

On attendait Bloc Party à Montreux dès 2005, date de la sortie de SILENT ALARM. Il a fallu attendre 4 ans…
Matt Tong : Ah oui, vraiment ? Pour te dire la vérité, nous ne sommes pas tellement venus dans ce pays. Peut-être 3 ou 4 fois, maximum (ndlr. dont une date au Métropole de Lausanne en 2008). C’est dommage, vraiment. Cependant je pense que l’on est un bien meilleur groupe en 2009 qu’en 2005. Nous avons beaucoup tourné ces 4 dernières années. Nous valons véritablement le prix du billet d’entrée maintenant.

En 2005, notamment aux Eurockéennes de Belfort, vous étiez déjà un grand groupe avec une audience conséquente.
Oui je m’en souviens très bien. C’était notre première grande tournée. Nous avions déjà passé de bons moments.

Beaucoup de choses se sont passées pour vous en 4 ans, avec notamment la sortie de 2 autres albums (A WEEKEND IN THE CITY et INTIMACY). Comment voyez-vous votre parcours jusqu’ici ?
Il s’est déroulé de manière graduelle. Nous avons à chaque fois essayé de tenter des choses différentes, de ne jamais refaire le même album. Plus ou moins en fait (rires). Il a fallu se battre pour rester à notre niveau, chose que n’ont pas fait tous les groupes de notre génération.

La production de votre dernier LP, INTIMACY, est énorme. Le son est d’une grande intensité. Difficile de maintenir le niveau sur scène ?
Oui, nous espérons à chaque fois ne pas nous planter. L’album montre l’espèce de férocité naturelle que nous avons toujours eue. C’est effectivement parfois compliqué de la restituer sur scène (ndlr : leur concert sera à la hauteur de nos attentes, avec notamment un “Ares“ juste gigantesque).

La question « spéciale batterie » : comment avez-vous évolué personnellement en tant que batteur ? Y-a-t-il des rythmiques que vous utilisez plus actuellement ?
Je ne sais pas vraiment. Tout d’abord, je ne pratique jamais à la maison. Tout vient du live. Il y a des choses que je ne faisais pas auparavant, comme celle de jouer avec le casque ou tenter de reproduire la même sonorité qu’une boîte à rythmes.

La partie rythmique est l’atout principal de Bloc Party selon nombre d’observateurs…
Nous sommes effectivement un groupe très porté sur la rythmique. Nous y portons énormément d’attention. C’est aussi peut-être la raison pourquoi nous faisons de la musique ; faire quelque chose de vivant tout en ayant notre propre son.

SILENT ALARM a bénéficé d’une très bonne presse en 2005. 2 ans plus tard, vous sortez A WEEKEND IN THE CITY, un album plus maîtrisé, plus intelligent, mais qui n’a pas connu la même ferveur.
Oui c’est certain. Les gens voulaient un SILENT ALARM numéro 2. Nous en étions très conscients et qu’il était possible de les décevoir. Mais si l’on voulait continuer à prétendre être un groupe et faire de la musique, on ne devait pas écoutait ce que l’on nous disait. Bien qu’avoir une « fan base » et grandir avec elle est aussi excitant. Un dilemme…

Vous avez aussi tenté de changer des choses pour l’enregistrement d’INTIMACY…
Nous avons tenté d’écrire plus de morceaux en studio. On ne le faisait pas auparavant. Ce fut un vrai exercice. Se mettre tous ensemble, écrire les morceaux de manière spontanée, composer : oui, c’était une autre manière de faire. Nous avons beaucoup jammé aussi. On recherchait vraiment la spontanéité de nos débuts.

Question piège : comment expliquer que Bloc Party soit encore présent alors que nombre de vos compatriotes ont bâché ?
Je ne sais pas. Le travail. Nous avons travaillé très dur depuis le début du groupe. Et aussi tourné tellement que nous sommes très soudés. Nous avons essayé… (il réfléchit)… Non je ne sais vraiment pas, désolé (il rit) ! L’industrie de la musique a drastiquement changé, les groupes sont plus soumis aux pressions, ceci même après 3 ou 4 albums. Personne n’a le droit à l’erreur. Nous essayons toutefois de ne pas y penser. En tant que musicien, le succès est difficilement explicable. Vous n’avez pas le contrôle sur tout ce qui vous entoure, sur la façon dont certaines personnes se font de l’argent sur vous. Les gens trouvent peut-être juste que nos albums sont plutôt bons (rires).

Allez-vous maintenir le rythme d’un album par année entamé depuis 2007 ?
Non. On tourne et on se détend. Voilà tout.

Deuxième question « spéciale batterie » : quels sont les batteurs qui ont influencé votre style si carré ?
J’ai toujours adoré The Beatles et leur batteur Ringo Starr. Tout en jouant avec une technique irréprochable, il a su garder une certaine simplicité.

Et la plus grande influence pour Bloc Party ?
(Il réfléchit). Oh, nous ne nous sommes jamais vraiment posé cette question. Peut-être Oasis, quelque chose comme ça.

Le parcours d’Oasis, un modèle à suivre ? Etre aussi grands qu’eux ?
Plus grands (rires).

Leurs plus grands concurrents dans les années 90 étaient Blur. Etes-vous heureux d’assister au premier rang à leur reformation, vous qui êtes devenus presque aussi populaires qu’eux ?
Oui, bien entendu, c’est un groupe brillant. Mais nous ne sommes pas vraiment à leur niveau. J’espère qu’ils feront encore de nouveaux disques, qu’ils redeviendront aussi grands qu’ils l’ont été.

Où en est votre tournée ?
Il nous reste encore 5 mois à jouer. C’est parfois éprouvant. Tu dois savoir te contrôler parfois pour ne pas perdre pied. On ne s’habitue jamais vraiment au rythme des tournées. Notre corps commence déjà à se plaindre, à poser des questions auxquelles on ne peut pas nécessairement répondre. Tu dois apprendre à l’écouter pour faire au mieux.

Pour terminer, seriez-vous prêt à enregistrer un nouvel album dans cette région de Suisse ?
Bien entendu. J’ai toujours aimé l’idée de voyager, de découvrir de fabuleux endroits. C’est une région vraiment intéressante. On pourrait l’enregistrer sur un bateau.  Mais il faudrait avant tout apprendre à naviguer pour cela (rires) ! Nous avons vu la statue de Freddie Mercury sur la Place du Marché et avons donc appris qu’il était venu travailler ici. 


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