mercredi , 21 novembre 2018
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Blackmore’s Night

Autumn Sky

Label: Sony Music


MEDEVIAL FOLK Ritchie Blackmore a l’habitude de sortir un album environ tous les 2 ans. Voyons d’un peu plus près ce que nous réserve le médieviste rockeur et toute sa bande de joyeux lurons pour nos froides nuits d’automne.

Après écoute de l’affreux teaser de l’album, monté n’importe comment au
passage, et diffusé sur le web il y a quelques semaines, je redoutais
l’arrivée de cet AUTUMN SKY. Pour tout vous dire, le dernier effort des
minstrels, SECRET VOYAGE, m’avait laissé de marbre et commençait selon moi à
lorgner vers le grand-guignolesque revival médiéval façon Hollywood pour Américains de supermarchés. Ce qui surprend tout d’abord est la production :
un son rond, chaud, plutôt Spectorien dès qu’il s’agit d’adaptation ou de
compos chantées, aux arrangements limite FM par endroit et un mix plutôt
dénudé lors de morceaux instrumentaux. Une sorte de production se situant
quelque part entre UNDER A VIOLET MOON et SECRET VOYAGE et c’est… plutôt
réussi. La texture de la voix de Candice Night est différente également,
quid d’une influence de sa grossesse sur sa tessiture ?

Un solo grande époque de l’homme en noir qui se lache littéralement

“Highland” ouvre l’album
sur un hymne aux accents médiévaux celtes façon… groupe celte US c’est à
dire un peu lourdaud niveau production : trop de claviers et tambourins mis en avant sur un refrain un
peu fatiguant et puis Ritchie ne se foule pas sur son solo, recyclant des plans
déjà entendus dans les précédents albums. La magnifique ballade “Vagabond”
remet les choses en place et la magie opère encore une fois. Je vous parlais
d’arrangements FM, avec “Journeyman” nous sommes en plein dedans. Si les radios
françaises n’étaient pas mercantiles et culturellement à la ramasse, nul
doute que ce titre y passerait allègrement. Une rythmique imparable et diantre
: un solo grande époque de l’homme en noir qui se lache littéralement donnant
un aspect plus qu’heavy à ce “Journeyman”. Je passerai sur “Believe In Me” et
“Celluloid Heroes” qui n’apportent pas grand chose excepté deux ballades molles
et peu inspirées pour aller directement à “Sake Of The Song” et “Song And Dance”,
morceaux couplés chantés et instrumentaux par la suite dont le groupe nous a
habitués depuis de nombreuses années. Blackmore’s Night explore une nouvelle fois les instruments traditionnels utilisés aux temps jadis et mis en pratique sur des airs à danser. “Keeper Of The Flame” nous
entraîne dans un nouveau tourbillon rock médiéval façon “Written In The Stars” ou encore “Fires At Midnight”. Encore une fois Blackmore remet en scelle la
Strat’ pour un solo inspiré soutenant de belle façon la rythmique. Suivant le
calme et instrumental “Night At Eggersberg”, “All The Fun Of The Fayre” est un
morceau joyeux et festif rejoignant “Home Again”, “The Olde Mill Inn”, et autres “Toast To Tomorrow”. Une nouvelle suite avec “Darkness”
et son chant particulier et “Dance Of The Darkness”, instru également festif.
L’album se clôt avec “Health To The Company”, ballade encore une fois fatiguée
et “Barbara Allen”, traditionnel datant du 17ème repris maintes et maintes fois
notamment par Joan Baez, Emmylou Harris ou encore Simon & Garfunkel.

Un
album au final qui tient la route mais où les ballades sont, pour ma part,
trop présentes ou tout du moins, peu inspirées, certaines fleurant la gra!
sse sieste. On sent quand même le groupe hésiter sur la destination du
public à toucher : culturellement on lorgne du côté de la vieille Europe
mais côté production, Blackmore’s Night ne peut s’empêcher par endroits de
tout faire pour s’attirer les bonnes grâces du marché US avec des
arrangements FM ou des ballades un peu mièvres…


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