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Bad Bonn Kilbi, 1er jour

Review

Bad Bonn Düdingen


Comme vous le savez si vous avez lu la présentation du Kilbi sur ce même site, le programme de ce petit festival cette année est à couper le souffle. Et bien que Sonic Youth vienne dimanche, les autres jours, et en l’occurrence le vendredi, méritent le détour.

 

     Lightning Bolt

 

Une grosse heure de train et me voilà à Düdingen, à côté de Fribourg. Plus de place sur le camping, tout est réservé, alors on se met en quête d’un emplacement « sauvage » sur les bords du lac artificiel de Schiffenen. Après un bon moment à arpenter la côte inhospitalière de ce lac on se trouve un coin très tranquille et abrité, à côté de la Sarine. Et c’est en plantant la tente que l’on entend les premiers échos du festival qui vient de commencer. Après être remonté vitesse grand v direction le Bad Bonn j’ai juste le temps de voir la seconde moitié de Reverend Beat-Man. Loin d’être un inconnu, ce suisse-allemand prêche le rock’n’roll avec fougue. Imbibé de blues et de rockabilly, son discours est convaincant, cette religion a certainement gagné de nombreux fidèles grâce à son talentueux missionnaire. Il est d’ailleurs venu accompagné de deux acolytes, présentés sous le nom du Reverend Beat-Man Blues Trash Trio. La formation au nom évocateur enchaîne les bombes blues trash tirés de l’album du révérend entrecoupées de sermons enfiévrés et transcendants. Petite pause rouleau de printemps, j’écoute Monno du coin de l’oreille, pas vraiment convaincu par le son lourd et malsain des berlinois.

 

Mais c’est aux alentours de 20h que la tension monte d’un cran, Lightning Bolt
va monter sur scène. Littéralement en fait car comme me l’a annoncé
leur manager rencontré plus tôt dans la soirée c’est depuis la scène,
et non pas dans le public comme à leur habitude, que le duo va
enflammer la fosse. Drum’n’bass voilà un terme à prendre au sens
premier avec ce groupe : une basse, une batterie et des paroles
incompréhensibles, recette inhabituelle et immuable pour un des groupes
les plus sauvages. La petite déception de les voir sur scène plutôt
qu’au milieu de nous est vite oubliée alors que le public se déchaîne
sur les premières mesures d’un concert qui s’annonce en tout cas
assourdissant. Après quelques instants courageux sans boules quiès je
me ravise, mais ça ne m’empêchera pas de profiter à fond de ce show qui
n’a surtout pas besoin d’artifice.

 

      Deerhoof

 

J’esquive l’électro-rock de Black Cargoes pour finir de préparer l’interview à venir de Lightning Bolt, Sophie Hunger monte sur scène devant un parterre de convaincus. Je ne fais pas partie de ceux-là mais la voix de la zurichoise est malgré tout charmante et ses compositions pop folk mettent un peu de douceur dans une soirée brutale. Mais il est déjà l’heure de rencontrer Brian Chippendale, batteur de Lightning Bolt. L’interview, que vous pourrez bientôt lire sur ce même site, se déroule sans encombre et me voilà prêt pour Deerhoof. Je ne connaissais pas vraiment ce groupe plus que ça avant ce soir et on peut dire que c’est une bonne surprise. Les quatre compères, qui se sont placés en ligne sur le devant de la scène, jouent sur le contraste. Le gigantesque batteur sur sa mini-batterie à une extrémité, la petite chanteuse-parfois-bassiste japonaise à l’autre, le son noisy est balancé par la voix aigüe de Satomi Matsuzaki, les moments calmes basculent sur des accélérations bruyantes. Le tout est animé par les petites chorégraphies de la chanteuse et les commentaires bafouillés en allemand par le batteur, je suis ravis et d’autant plus satisfait de la programmation surprenante et équilibrée de ce festival. Je reste pour Gang Gang Dance mais le concert est décevant – de la poudre aux yeux – et je m’éclipse pour aller me coucher. Le retour à la tente dans le noir complet est casse-gueule mais c’est enthousiaste, et crevé, que mes petits yeux se ferment ce soir-là.

 


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