mercredi , 21 novembre 2018
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Anna Aaron

Dogs In Spirit

Label: Two Gentlemen / Irascible

FOLK - Deux années se sont écoulées entre I’LL DRY YOUR TEARS LITTLE MURDER et DOGS IN SPIRIT, le nouvel album d’Anna Aaron. Mais ce temps passé lui a permis de sortir du club des jeunes chanteuses intéressantes, de se libérer des influences et des étiquettes qu’on lui collait sans cesse (même s’il est difficile de ne pas penser à PJ Harvey) pour montrer au grand jour une personnalité forte et ténébreuse. Avec DOGS IN SPIRIT, préparez-vous à plonger dans les accords brumeux et les références mythiques d’un univers tourmenté.

Figures bibliques, monstres marins, légendes et mythes sont le sang de cet opus. Même si elle se défend de faire un album conceptuel, Aaron ravira les amateurs de mots et de philosophie avec son écriture fine et torturée. Comme le sel des larmes, la souffrance se mêle à la passion et le doute à la certitude. Car Anna Aaron chante ses propres questionnements : « La souffrance réside dans l’incapacité de comprendre les choses. Ce sont ces douleurs, ces tensions, ces peurs face au monde que j’ai voulu symboliquement évoquer. C’est une forme de violence psychologique que je chante en somme ». Au-delà de l’esthétisme des mots, Dogs In Spirit nous emmène dans un tourbillon contrastant de sons entêtants et parfaitement maîtrisés. Ce second album est une véritable tempête, avec ses instants déchainés et ses moments de répit.

 

 

Tout commence avec "Elijah’s Chant", véritablement habité par la voix rauque d’Aaron qui flotte dans des brumes électriques. Puis on se lance à la poursuite des "Sea Monsters", où le timbre habituellement grave d’Aaron monte en flèche. Un peu plus loin, on peut s’étonner de voir un remake de "The Drainout", qui figurait sur son premier album. Cette fois-ci, c’est Erik Truffaz et sa trompette qui colorent cette chanson pour la rendre plus jazzy. Les mauvaises langues diront que ça ne change rien, les autres apprécieront l’exercice à sa juste valeur : le son aérien et la trompette ne sont pas mis côte-à-côte mais imbriqués pour donner une nouvelle saveur. Avec Siren, Anna Aaron part dans une douce folie qu’on ne peut qu’adorer et qui nous laisse avec la tête qui tourne. Puis vient l’expéditif "The Passion" où Anna Aaron déjoue avec brio les pièges de l’a capella pour une petite minute magnétique. Place au duo royal de cet album avec "Queen of Sound" et "King of Dogs". Les deux sont rythmés à souhait mais "Kings of Dogs" n’a pas été choisi comme single pour rien : plus typé pop et donc parfait pour les radios, il séduit pourtant les inconditionnels de la voix grave d’Anna Aaron et du piano qui l’accompagne. On termine enfin sur une des perles de cet album avec "A Sun Shines On Aimée", une valse triste aux paroles magnifiques.

 

Bouleversant et intense, ce nouvel album nous montre la ferveur avec laquelle Anna Aaron aime, vit et compose sa musique. Une vraie personnalité qui fait d’elle une véritable <<Queen of Sound>>.

 


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