Le Romandie nous confirme une nouvelle fois sa propension à avoir le bon coup de cœur pour sa programmation avec la valeur montante du shoegaze à la sauce américaine, j’ai nommé A Place To Bury Strangers. Le tout vaillamment soutenu par les veveysans de Marilou.

A Place To Bury Strangers + Marilou

Le Romandie nous confirme une nouvelle fois sa propension à avoir le bon coup de cœur pour sa programmation avec la valeur montante du shoegaze à la sauce américaine, j’ai nommé A Place To Bury Strangers. Le tout vaillamment soutenu par les veveysans de Marilou.

 

 

Vénère

 

Ce mercredi 2 décembre, le club de rock lausannois a su satisfaire une fois de plus son public en conviant sur sa scène le trio new-yorkais A Place To Bury Strangers, quelques semaines après la sortie de leur second opus, EXPLODING HEAD.
Avant leur prestation, c’est un groupe veveysan tout frais tout neuf qui assurait la première partie : Marilou et son éclectisme jubilatoire. Le trio de Marilou se passe le flambeau entre les divers instruments, promettant à chaque titre une ambiance renouvelée : les deux chanteurs principaux ont chacun une portée de voix et un charisme bien personnels, parfois déroutants. La batterie tape à mille à l’heure, donnant une touche disco-cradingue à ce rock empressé sur la plupart des morceaux comme “Masturbation in a Train” qui vénère son monde ou “Flexy Fist Bar.” Des pépites contrastent les unes entre les autres selon le style dominant : chant hip-hopesque, le synthé psychédélique de “Lickys Franky” (faisant savoureusement penser à quelques bons morceaux des Black Angels), un titre lourd de son “Punch Explosion Truck”… Marilou sait faire de grands écarts sans se bousiller l’aine.

 

 

 

 

Place à la surabondance, un vrai défi pour le corps : fumigène à outrance (quitte à ne plus discerner les trois acolytes – surtout le batteur dont on ne peut que deviner les gestes), son poussé à son apogée et flashs qui mettraient à mort un épileptique. Avec A Place to Bury Strangers, les avertissements sur le haut niveau sonore placardés dans tous le Romandie ne se foutent pas de nous ce soir. Le trio monte son matériel lui-même, quelques réglages et le clame avant la tempête. Le trio shoegaze du moment monte alors sur scène et sitôt se distinguent une guitare et une basse résolument noisy, faisant la belle place aux larsens, réverbs et autres delay détonants. Le leader, Oliver Ackermann, est d’ailleurs maître en fabrication de pédales d’effet dans son New-York natal : on veut croire qu’il est doué ! Les new-yorkais nous lâche sans repères dans un brouillard assourdissant, dans une obscurité trépidante pour découvrir ce mélange fougueux de guitare et basse libérées mais d’une précision médicale s’appuyant sur une batterie haletante. Quand le batteur, JSpace, tape, tout le corps vrombit.

 

Il faut pouvoir le digérer

 

A Place To Bury Strangers sait flirter avec le psychédélique tout en virant dans ce qui se fait de mieux en matière de rock atmosphérique.
Pas de pauses entre les chansons, le rythme est maintenu… Sur le papier, tout cela semble hautement jouissif. Oui mais. Des pans entiers du set se plongent dans le soporifique, dû à une construction répétitive des morceaux. L’aspect shoegaze a quand-même des allures trop maîtrisées à en perdre tout son charme. Le revers principal de A Place to Bury Strangers, c’est cette voix de Oliver Ackermann d’une platitude maladive, complètement asphyxiée par la musique.
Le final, sous ses faux-airs de chaos, joue outrageusement sur les effets lumineux et sonores. Oliver Ackermann démantèle sa guitare après l’avoir fait virevolter en tout sens, les titres prennent l’ascenseur et durent des plombes. Les meilleures choses ont une fin. On l’apprécie beaucoup cette fin, tant d’effets à la fois, il faut pouvoir le digérer.

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