vendredi , 16 novembre 2018
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Eiffel

Tandoori

EMI


Il est tout frais, on l’attendait. Romain Humeau et son groupe Eiffel sont de retour avec un nouvel album studio, Tandoori. Mais revenons quelques années en arrière. En octobre 2002 sortait l’excellent ¼ d’heure des ahuris, leur deuxième opus. Suite à cela, un excellent double live de la tournée avec de splendides reprises (Noir Désir, Brel, Vian). Moment critique pour le groupe, changement de line-up, Romain ne cesse de composer et décide de faire un projet solo. L’album L’éternité de l’instant voit le jour pour le plus grand plaisir des fans. Et tous les amateurs d’Eiffel y retrouvent leur compte. Romain Humeau reste dans son style rock français poétique, engagé, mélodieux et beau.

Et Tandoori ? Il n’y a rien redire. Une fois de plus, on est accro. Romain Humeau joue toujours avec les mots comme un Devos savait le faire, il revendique ses idées antilibérales, il aime toujours autant l’amour, il a soif de justice et nous le fait savoir.

Petite variante tout de même, des textes en anglais apparaissent. D’ailleurs l’album commence par «Loony tune for the moon», très bon titre d’introduction, assez lent. S’en suit le single, «Ma part d’ombre», premier titre où l’on accroche rapidement, avec une guitare rapide, un refrain efficace et un final rock n’roll où la voix de Romain est poussée au maximum.
Toutes les chansons méritent qu’on y prête attention. «Belle de jour» par exemple, est nettement plus calme, mais dégage une intensité incroyable. Sur «Avec des si» Romain nous prouve une fois de plus son talent d’écrivain et de compositeur. Ami de la poésie, bonsoir…
«Bigger than the biggest» est tout aussi surprenant. Très sombre, avec un riff que Marylin Manson pourrait jouer, Romain Humeau débite ses paroles tel un rappeur enragé avec une élégance bien à lui. «En continu tu tournes autour comme attiré par le vide, du temps pour apprendre, trop de temps pour s’atteindre, on n’pourra pas se fendre de ne jamais rien feindre, du temps pour reprendre, le temps de se rejoindre, on n’aura jamais le cran de tout avoir à craindre»

Avec un tel talent de composition, c’est incroyable que le succès soit modéré. Il faut toutefois préciser qu’Eiffel ne compose jamais une chanson destinée aux ondes. Ils font comme bon leur semble, ils aiment l’ambiance des petites salles et leur public.

Lorsqu’on écoute Eiffel, on a forcément une pensée pour Noir Désir, car il y a de nombreux points communs.

Le mot de la fin sera : À écouter d’urgence !!! Ou alors à voir, car nous avons la chance de les accueillir en Suisse pour deux dates. Le 3 mars à l’Amalgame d’Yverdon-les-Bains et le 27 mars à l’Usine de Genève.


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