lundi , 24 septembre 2018
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Beauty of Gemina

Diary of a lost

Monkey


Beauty of Gemina est un groupe suisse formé en 2005 par Michael Sele (chant, compositions, claviers, programmation), Martin Luzio (basse) et Mac Vinzens (batterie), tous d’anciens membres du groupe dark-wave Nuuk. Comme Mephistosystem chroniqué ici, Beauty of Gemina est produit par le label Monkey et témoigne de la belle vitalité du rock suisse en ces jours sombres. Mélangeant rock gothique et industriel, élégance et contorsions typiquement dark-wave, new-wave et même acid-house ( !!) la musique du groupe, protéiforme et emphatique, rappelle le meilleur des Sisters of Mercy.
Le disque démarre très fort avec « Suicide Landscape », joyau sombre dont la ligne de basse fait songer immédiatement à l’immortel « Love like Blood » de Killing Joke (et ouais, ça nous rajeunit pas…)! Le timbre aristocratique de Michael Sele prenant ici des intonations proches de celles de David Bowie période « Outside ». Suit « One Step to Heaven », mauvais trip sous influence de Giorgio Moroder, où la voix sépulcrale du chanteur, ici semblable à celle d’Andrew Eldritch, installe un groove des plus lancinants, avant de sombrer dans le chaos vampiresque dans le morceau suivant, « Hunters », ode aux prédateurs nocturnes flippante. « Kingdom of Cancers » dépare un peu par manque d’originalité, mais heureusement « Victims of Love (Qui tollis) », construction acid-house cinglée fait redémarrer la machine, avec un final quasi religieux faisant penser à Rondo Veneziano (en nettement mieux et en plus brutal!). Passons sur « Forgiveness », dont la pompe romantique et mélancolique semble avoir été calquée sur la musique de Richard Clayderman.
« Nevertime » reprend dignement le flambeau allumé par les Sisters dans une envolée lysergique et maladive. « Trapped » et ses martèlements cyberpunks et industriels frôle la perfection, la voix chaude et tourmentée du chanteur hurlant son mal de vivre face aux mur froid des beats.  « Monsters in Me » perpétue le malaise dans un vrombissement de basses et d’electronica, puis « Fight Song », avec ses nappes de synthés, évoque les rages techno-indus de Punish Yourself, le groupe toulousain. Les talents de compositeur de Michael Sele  ressortent à l’écoute d’ « Isle of Desire », mélange d’industriel pur et dur et de sonorités médiévales comme on en trouvait dans l’œuvre de Dead Can Dance.
« Lovehate » démarre sur les déblatérations ahuries du président Bush – « this war has just begun, it’s…it’s just the beginning… » avant le lancement des fusées électroniques guidées par la voix d’outre-tombe du chanteur, démoniaque et hantée par le souffle de la guerre. Excellent morceau !
Le disque se clôt avec un instrumental apaisé de huit minutes, « le Rêve de l’Infidèle », orientalisant et imprégné de culture musicale classique. Somptueux… L’immense Ryuichi Sakamoto n’aurait pas fait mieux.


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