dimanche , 23 septembre 2018
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Dee Dee Ramone: la biographie.

Sad sex, sad drugs, sad rock'n'roll.

Editions Au Diable Vauvert


Ces quelques lignes ont pour but de présenter un livre ou plutôt une autobiographie. Il est vrai que raconter sa vie est devenu très populaire ces dernières années. Il vous suffit de flâner dans une librairie et vous aller tomber sur l’autobiographie de Loana, de Jean-Pascal ou du dernier loser en date qui essaie de se faire un peu d’argent pendant qu’il est sous les projecteurs. En période d’élection, il y a tous les politiques qui tentent de nous mettre dans leur poche en nous sortant leurs blablas habituels. Bref, je ne vous apprends rien de nouveau, car c’est partout et tout le temps la même chose.
Par contre, il y a certains parcours de vie qui méritent qu’on s’y attarde un peu plus. Ces vies complètement dissolues, incroyables, que l’on ne voit que dans les films. Ces films où il n’y a pas de héros et pas de happy ends. C’est le cas de Dee Dee Ramone, bassiste et membre fondateur du célèbre groupe de rock The Ramones.

D’entrée de jeu, le décor est posé. Mère alcoolique, père militaire et alcoolique. Une enfance entre l’Allemagne et New-York. Durant l’adolescence les premières tentations habituelles, alcool, sexe, drogue et rock n’roll. «Je croyais que l’Amérique était le pays de l’égalité des chances, mais je n’avais pas les mêmes que les autres gosses. On était tous dans la merde, mais ma situation était encore pire que celle des autres. J’étais déjà un renégat de la faculté, ce qui me mettait en dessous de la moyenne locale. Je m’étais déjà qualifié pour mon poste social : déviant».
Très vite Dee Dee devient junkie, tendance alcoolique. Il arrive néanmoins à créer son groupe et composer de superbes titres. A cette époque (début des 70), New-York se défonce sur Iggy et les Stooges, les New-York Dolls et autres précurseurs du mouvement punk.
Dee Dee devient vite un compagnon d’infortune de Johnny Thunders et autres toxicomanes de la ville. L’ambiance dans le groupe n’est pas des plus folles, ne l’a jamais vraiment été. Les faux frères Ramone sont de vrais fêtards, mais Dee Dee n’a jamais de limite. Ce qui crée régulièrement des conflits, surtout avec Johnny qui s’impose en chef et dicte aux autres quelle coupe de cheveux adopter et quels vêtements porter.
Au fil des albums, on ne peut pas vraiment parler de succès planétaire, car à l’époque les Ramones sont encore dans le milieu underground. Toutefois, ils sont très tôt une référence à New-York et surtout au légendaire club le CBGB.
En 1977 les Ramones vont jouer en Angleterre. Le mouvement punk y explose avec en tête d’affiche les Clash et les Sex Pistols. Dee Dee va d’ailleurs rencontrer Sid Vicious à cette occasion. « Avec Sid on est parti aux toilettes. Il y avait du vomi partout. Sur le sol, dans le lavabo, dans la cuvette. Sid et moi on s’est immédiatement mis à vomir. Sid a alors sorti une seringue horrible, avec une croûte de vieux sang coagulé autour de l’aiguille. Je lui ai donné du speed pour préparer un shoot. Ensuite il a plongé l’aiguille dans la cuvette des toilettes pour dissoudre le speed en remplissant la shooteuse d’eau. Il y avait du vomi, de la pisse et de la morve dans cette eau. Sid n’avait pas l’air de trouver ça extraordinaire. Son unique souci semblait être de s’envoyer une giclette et il était prêt à s’accommoder de n’importe quel inconfort pourvu qu’il ait son fixe. Maintenant, j’ai tout vu, je me suis dit ».
Tout au long du livre, on retrouve des anecdotes du même genre. Histoires abracadabrantes, plans foireux pour toujours se retrouver plus bas. Néanmoins, Dee Dee souhaite du fond du cœur sortir de ses problèmes de drogues. Mais à chaque fois, il retombe sur ses pseudo-potes qui le font replonger.
Durant dix-huit années, il est le bassiste qui gueule «one, two, three, four» avant chacune des chansons. Toutes ces années de drogue, de conflits avec le groupe, de cures, de tournées en bus interminables où il faut chaque soir monter et démonter son matos. Ces années où il voit disparaître petit à petit tous ses compagnons de foire le font finalement prendre une grave décision. Il quitte le groupe. Il ne veut plus entendre parler des Ramones et ne les reverra quasiment plus.
Il arrive enfin à décrocher de ses vieux démons et voyage avec sa compagne. Il rejoue avec des petits groupes et compose même parfois pour les Ramones, histoire de se faire un peu d’argent.
On pourrait croire à un happy end, d’ailleurs le livre se finit bien. Dee Dee est clean, il vit avec sa fiancée. Est-il heureux ? Dur à dire, on a plutôt le sentiment qu’il s’est toujours senti très seul et n’a jamais vraiment été épanoui. Mais voilà, quelques années après l’écriture de son autobiographie, en 2002, à Los Angeles, après 8 ans d’abstinence, il cède. Un fixe, juste un. Un de trop. Overdose.

Le destin de quatre gosses un peu paumés qui voulaient juste s’amuser et faire de la musique. Il n’en reste plus qu’un en vie sur la formation originale. Joe le chanteur est mort d’un cancer en 2001 et Johnny d’un lymphome en 2004.

Malgré l’histoire horrible que l’on suit en lisant ce livre, il est difficile de s’arrêter. On devient vite accro et on s’envoie les chapitres les uns après les autres. Le style d’écriture très brut, sans fioriture avec un soupçon d’humour et de fatalisme rend la lecture très agréable.

Pour les adeptes du célèbre magazine Rock’n’Folk, je vous laisse deviner qui a préfacé cet ouvrage.

Commander le livre.

Ci-dessous, quelques dessins et peintures de Dee Dee Ramone à visionner.


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