mercredi , 19 septembre 2018
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Carla Bruni

No Promises

Musikvertrieb


Quatre ans après Quelqu’un m’a dit, revoilà l’ex-mannequin italien, qui vit en France, chantant en anglais cette fois-ci. La question se pose en ces termes: Carla est-elle une vraie "songwriteuse", authentique et talentueuse ou un phénomène bobo-rive gauche (même si elle habite le XVIè) qui a piqué le mec de la fille de BHL ? Son premier album a eu un franc succès, plutôt mérité. C’était nouveau, bien arrangé. Le côté intime, un peu folk avec des textes plaisants. Ca faisait un peu penser à Brassens, à ces paroliers à la française. Là, on a à peu près la même chose, sauf qu’elle n’a pas écrit elle-même ses textes, et elle a trouvé le bon filon : elle les a piqué à des poètes anglais. Est-ce que c’est mieux ? On est pas vraiment à même de juger et de dire ‘ces paroles, c’est rubbish ’, parce que pas spécialistes de littérature anglo-saxonne dans le texte. Commençons donc par parler de la musique. Là, pour le coup, c’est bien du Carla Bruni. Une guitare sèche, une ambiance musique de chambre. Quand on écoute l’album d’un trait, on a l’impression non seulement que c’est toujours la même chanson, mais qu’en plus que c’est tiré du précédent avec des paroles en anglais pour embrouiller. Il faut une deuxième écoute pour se rendre compte qu’on a fait un faux procès à Carla. Parce qu’elle vient d’une famille de musicien, ne l’oublions pas, et qu’il y a de la recherche. On la reconnaît bien à sa voix. Quelqu’un lui a dit un jour qu’elle ne chantait pas mais qu’elle chuchotait, et elle lui a répondu qu’elle voulait mettre de l’intimité dans ses chansons. Donc c’est réussi. Elle est juste là, derrière, et on sent presque son souffle dans l’oreille. Elle a une jolie voix chaude et un bon accent anglais (c’est l’avantage du mannequinat, on voyage beaucoup, et même si on a la tête vide, on sait dire des trucs sans intérêt dans plein de langue !)
Alors qu’est-ce que ça donne, en fin de compte? Ben, c’est pas mal.
Ca commence doucement avec deux poèmes de Yeats, "Those Dancing Days Are Gone" et "Before The World Was Made", avec des guitares de Bertignac bien sèches, bien calées sur les paroles. "Lady weeping at the crossroads" de Wystan Hugh Auden très harmonieux, très mélancolique prend la suite, suivi des poétesses Emily Dinckinson et Christina Georgina Rossetti, et là ça devient plus jazzy, tout en restant folk. Succède Walter De La Mare, avec un "Autumn" presque triste. Pour Carla, Emily Dickinson, c’est décidément rythmé, car la revoilà avec "If You Were Coming In The Fall". Toutefois, "I Went To Heaven", du même auteur, qui arrive après laisse la part belle à la mélodie, et notre chanteuse s’essaie dans les bémols et les aigüs. C’est bien, ça change un peu. "Ballade At Thirty-Five" et "Afternoon" de Dorothy Parker sont de charmants moments. On pourrait prendre un thé avec sa grand-mère là-dessus, tiens ! "At Last The Secret Is Out", de Auden, c’est un peu comme tout l’album, sympa, mais triste, mais doux, mais mélodieux aussi… Difficile à définir.
    En fait l’album No Promises de Carla Bruni est comme elle, vintage. Elle était, est et sera une mode. Joli !


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