jeudi , 20 septembre 2018
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Major Deluxe

Le Bourg s'emballe


Le Café-Théâtre Le Bourg est un ancien cinéma de quartier reconverti avec goût par Kata et son équipe en magnifique salle de spectacles. Major Deluxe s’y produit ce soir-là.  Groupe belge composé de Sébastien (guitare et chant), François (clavier et piano), Thomas (batterie), Samuel (basse) et Ludovic (trompette et clavier), Major Deluxe est un must. Leur premier disque, Skyline Society, a déjà le caractère d’un chef-d’œuvre.
Mais le groupe de Bruxelles est aussi une formidable bête de scène, capable de tisser une atmosphère sonore riche et cohérente, et offrant un spectacle à la (dé)mesure des talents musicaux qui la composent.

Attaquant très fort avec un tout nouveau morceau (« My Best Dream »), Major Deluxe fait une entrée magistrale : imaginez une sorte de boogie à la Ten Years After auquel répondrait une trompette inspirée par Sergio Leone…vous y voilà. Effarant, nouveau, baroque, les qualificatifs pleuvent quand on écoute «ces gens-là », comme dirait Brel.
Et leur musique de bouleverser nos à-prioris, de titiller nos émotions les plus enfouies, par la force seule du jeu accompli d’orfèvres fantasques mais précis (aaah le talent du pianiste, ses allures de dandy disjoncté et ses rituels rigolos…ou le trompettiste, subtil et redoutable malgré son expression proprement lunaire)…car un concert de Major Deluxe est une expérience totale, où les attitudes ne sont que le reflet d’une concentration portée à son maximum. Seul le chanteur Sébastien reste désinvolte dans la tourmente et pourtant ses textes expriment une fragilité et une mélancolie profondes (« Winter Grey » – « There’s no escape from winter, I’m drownin’ in the grey »).
De même, tous les contrastes qui composent leur musique trouvent leur point de convergence à un moment ou un autre, comme dans « She’s a Hero », chanson semblant refléter les divagations d’un psychopathe, et qui finit en joyeux délire narco-mariachi ! Et que dire de « Goodbye », folie disco où le fantôme de Patrick Hernandez (mais oui, « Born to be Alive » vous vous rappelez ?) viendrait rendre visite au groupe Air ?
La fantaisie n’exclut néanmoins pas la tristesse : « Nothing Alongside » (encore une nouveauté !) est un exercice émouvant et très folk, semblable en cela à certaines compositions poignantes d’un Johnny Cash, par exemple.

Ainsi l’endroit et le groupe ont collé parfaitement ce soir-là, et c’est dans un état proche de la sidération que les spectateurs sont retournés à leur quotidien.

Lien vers le site officiel de Major Deluxe

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