samedi , 22 septembre 2018
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Label Suisse 2006: The End

Swiss Rock über alles


On sort lessivé d’un week-end haut en couleurs, on a plongé dans les styles,
on s’en est mis partout, vive le folk, vive la chanson, vive le metal, vive
la tech minimale, vive le rock, vive la RSR, vive la gratuité, vive la bonne
humeur, vive tout ! Lausanne-la-magnifique s’est transformée en fête au
village gigantesque, le côté pain-fromage en moins. Tout le monde connaît
tout le monde, salut-salut, la bonne vibe est là, on fait des découvertes
incroyables, on se fait plaisir avec les groupes qui nous branchent.
L’important est que nous avons tous autant que nous étions fait des
découvertes incroyables (Fiji... nous en reparlerons à la fin de l’année !).

L’intimité et l’ambiance cosy du Studio 15, le rendez-vous du peuple de la
nuit, sous terre, dans l’usine Tridel, la Kaff’ et son ambiance intemporelle
(quelle heure vit-on ? Qu’importe…) et enfin le côté cirque du chapiteau
nous mettait devant un fait accompli : there’s a circus goin’ on in town.
Cerise sur le gâteau avant de se donner rendez-vous, très vraisemblablement,
dans 2 ans, voici une interview exclusive de Hell’s Kitchen, ou comment
noircir le tableau déjà cradingue du blues. Ca se passe dans les loges,
samedi soir:

Le sticker sur votre album clame "For fans of 16Horsepower & Tom Waits":
c’est pas très accessible tout ça…

Hell’s Kitchen: En effet (rires). D’une part, on est pas responsables du
sticker, c’est le distributeur qui a décidé de faire ça. D’autre part ni les
artistes marqués sur le sticker, ni nous ne sommes élitistes. Alors si ça
peut simplement diriger les gens dans leur curiosité, les inviter à écouter
notre album, c’est tout ça de pris !

On ne peut pas dire que Hell’s Kitchen soit élitiste, non, ce n’est pas dans
l’esprit, mais vous êtes un OVNI dans le paysage musical suisse. Comment le
public vous accueille-t-il ?

HK: Tu sais, on a joué partout : dans la rue, dans des festivals à thèmes
très divers, et je pense qu’on touche énormément de styles. On voit des
mouflets, des ados, des adultes qui viennent nous féliciter. Donc c’est
plutôt très positif !

Et à l’étranger ça se passe comment ?
HK: On a un super tour manager en France, et il semble qu’on soit
régulièrement attendu pour y jouer. Vu de l’intérieur, c’est toujours
difficile à dire, mais l’impact de l’album en France est apparemment assez
considérable, grâce notamment au fait que nous ayons passé sur France Inter
et sur Arte. Ce printemps on jouera en Belgique et au Portugal, alors on
verra…

Donc Hell’s Kitchen vise l’export et pas la renommée locale…

HK: On s’en fiche de la renommée locale ! On veut faire ce qu’on aime à peu
près partout ! (silence) En fait aucun de nous n’est célibataire, alors la
renommée locale ça va pas tu vois ? On veut partir loin pour tromper nos
femmes (rires), là où les reportages sont dans une langue incompréhensible
pour elles (re-rires) ! Ahem… question suivante ?

Hell’s Kitchen est un quartier de New York. Pourtant votre blues sale ne
fait pas trop penser à la Big Apple…

HK: On n’est pas trop parti sur l’idée de New York, mais plutôt parce qu’on
a travaillé dans les cuisines, influencés par tout ce qu’il y avait autour
de nous, l’envie d’utiliser une washboard, un tambour de machine à laver,
une poubelle, une pelle pour faire de la musique… C’est cette idée-là.

Votre disque s’appelle Doctor’s Oven. Que se passe-t-il dans le four du
docteur ?

HK: Il y a tout ce qu’on y amène individuellement, qu’on fait cuire de
différentes façons, il y a transformation… et la couleur du groupe sort du
four. C’est un laboratoire, quoi.

Sur le titre "Lumfo", ai-je bien entendu : "Lumfo voir le docteur" ??? Mais
qu’est-ce que ça veut dire ?

HK: "Lumfo" c’est en effet du français. Tout du long de la chanson. C’est du
français haïtien en fait. Des incantations vaudoues. "Lumfo" – sauf erreur –
signifie un espèce d’aspirant qui va se faire initier aux rites vaudous. Il
n’y a rien de mystique là-dedans, il y a juste que je trouvais rigolo de
faire quelque chose en français car c’est notre langue maternelle à tous,
mais malheureusement avec ce qu’on fait, ça ne colle pas. En tout cas, je ne
connais personne qui ait réussi à le faire avec ce style.

La chanson "Milano" ne parle pas d’Italie…

HK: Non, pas du tout. A l’époque on avait un harmoniciste qui était italien.
Et une fois, pendant cette chanson qui ne ressemble plus tellement à la
version actuelle, on lui a demandé de dire des trucs très vite dans son
micro d’harmonica très saturé. Et étant donné que son français était assez
moyen, il parlait en Italien. Et dans son discours, il parlait de la bourse
de Milan. Et on a commencé à l’appeler Milano. Et c’est resté. Je reconnais
que nous sommes assez pauvres d’un point de vue littéraire (rires).

"Lumpi is my dog" : vous avez été traumatisés par la méthode d’apprentissage
"Vorwärts", là…

HK: On n’a pas pu s’empêcher…

Vous avez un avis sur l’espèce de transition de 16Horsepower à Woven Hand ?
HK: On adore ce que fait David Eugene Edwards. Vraiment on aime beaucoup ce
qu’il fait. Avec Woven Hand c’est vraiment dans la lignée de 16HP, à notre
avis. C’est très catho, limite intégriste sur certains titres, mais est-ce
qu’il ne cultive pas quelque chose, au fond ? En tout cas ce qu’il fait est
tellement génial, comment ne pas y être sensible ?

Quel événement dans votre vie vous a poussé à faire de la musique ?
HK (C. Taillefert): Je viens d’une famille de musiciens, donc la question ne
se posait même pas.
HK (R. Nicolas): J’ai vu une fois une batterie et ça m’a donné envie de
faire de la musique. Du coup… je fais de la contrebasse !!!
HK (B. Monney): J’en avais marre de poser avec ma raquette de tennis devant
ma glace en me prenant pour Angus Young. Je crois que c’est ça qui m’a
vraiment poussé.

D’habitude, la dernière question que je pose aux groupes, c’est "Sex, Drugs
& Rock’n’roll, votre position". Là on va le faire différemment, si vous le
voulez bien. Commençons par "drugs". Plutôt bière ou whisky ?

HK (C. & B.): Bière
HK (R.): Eau…

Tabac ou herbe ?
HK (C. & B.): Tabac
HK (R.): Air…

Sexe : bon film ou bon bouquin ?
HK (R.): (silence) euh… bouquin avec les images ? Allez : bon lit !
HK (à l’unisson): Bon lit !

Famille ou coup d’un soir ?
HK: On est tous très coup d’un soir !

Petite pause avant le rock : on va passer à table. Un cheval : dans les prés
ou dans l’assiette ?

HK: D’abord dans le pré, mais ensuite dans l’assiette !

Rock’n’roll : Festival ou petite salle ?
HK: Les deux. On s’en fout, on prend tout !

Plutôt Hank Williams ou Gene Vincent ?

HK: Aaah, dur… euh… je sais pas… les deux sont pareils, ils ont eu une
vie bien remplie et une fin tragique. Les deux ont définitivement
révolutionné la musique et l’attitude qui va avec. Il y a aujourd’hui ce
courant country-punk où tout le monde se réclame de Hank Williams. Alors si
on a plus une culture rockabilly que country, Hank Williams est un homme
qu’on tient haut dans notre estime.

Rockabilly, ah oui ? Et le label Voodoo Rythm, vous en pensez quoi ?
HK: Reverend Beat-Man fait ce qu’il veut, et il le fait bien ! Il a trouvé
le filon de ces groupes qui font ce qui se faisait il y a 50 ans, mais avec
la crête sur la tête. Et avec l’esprit, surtout. Il en faut des labels comme
celui-ci !

Après le show des Dead Brothers et deux autres artistes plus "chanson", les
vieux loups prennent le chapiteau par les sentiments et font l’unanimité,
jusque dans leur reprise de "Got My Mojo Workin‘" de Willie Dixon, avec
justement les Dead Brothers. Impro totale, les mecs sont de vrais pros, ils
savent jammer et réveiller les gens assis. Ovation. Rideau.

Photos par ©Serge Petrillo

Lien vers le site de la RSR
Lien vers le site de Hell’s Kitchen

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