mercredi , 19 septembre 2018
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The Thermals

The Body, The Blood, The Machine

Irascible


Une sélection Lords of Rock:

Voilà une œuvre d’art d’un genre plutôt particulier qui vient frapper à notre porte. Intéressant ? Sans aucun doute ! L’Amérique débarque une fois de plus dans nos contrées en distillant un genre musical dont elle conserve jalousement le secret. Un rock basé sur un concept qui refuse tout compromis.

Surprenant est probablement le qualificatif le plus adéquat concernant The Body, The Blood, The Machine, la dernière galette proposée par le trio natif de Portland, Oregon. En effet, cet album n’a que peu de choses à voir avec les précédents et possède ce je ne sais quoi qui lui confère ce charme unique. The Thermals fait forte impression dans un univers musical américain quelque peu formaté et en panne de vitesse.

Le style à part entière de cet opus, rock brut, sans fioriture aucune, mélange par moment des ambiances aussi grunge que lo-fi. Cependant, bien que le tout soit d’un naturel plus sympathique à l’écoute, que les afficionados se rassurent, la touche punk demeure omniprésente. Les sensations se font diverses à l’écoute de cet album ; passage d’une révolte auditive dans les premiers temps à une cohérence musicalement agréable, en seconde phase. Les mélodies s’adoucissent après quelques secondes et viennent jouer sournoisement les trublions dans les fondements mêmes de cette hargne juvénile. L’agression nerveuse du début fait place à une vraie structure et les oreilles retrouvent naturellement leur fil d’Ariane. Cet album dévisse la tête et met les nerfs de l’auditeur à rude épreuve, tant il est désemparé face à cette débauche de sons assénés avec une vigueur incomparable.

Tous les titres possèdent un attrait spécifique et ce, du premier au dernier. Les mélodies et l’énergie déployée n’y sont certainement pas étrangères. Preuve en est avec quelques morceaux dont l’excellent « Here’s Your Future », le fabuleux « Power Doesn’t Run on Nothing », ou plus facilement avec le refrain déjanté du si caractéristique de « A Pillar for Salt ». La touche finale du travail se retrouve dans la longueur des titres, qui ne dépassent généralement pas 2 minutes 15, un bref instant pour se remettre les idées en place avant de passer à la suite. Le plat de consistance ne manque lui aussi pas d’allant. Il n’est d’ailleurs point à douter que les oreilles attentives et averties seront rapidement séduites par ce rock aux allures indécentes.

L’ingéniosité et le côté pernicieux  poussent l’écoute à emprunter des chemins de traverse pour que le rock parfois quelque peu trop évident parvienne à se renouveler et à faire vibrer ses fans !

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