mardi , 25 septembre 2018
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Rock Oz’Arènes | Vendredi

Avenches, Switzerland, Motherfucker !!!!


Ce vendredi commence très mal. En effet, après environ une heure de tension hors norme et d’espoir vain, la nouvelle tombe, tel le couperet de la guillotine qui vient trancher la tête d’un condamné qui espérait une grâce jusqu’au dernier moment. Pete Doherty ne viendra pas. Babyshambles est annulé. Arrêté la veille pour possession de cocaïne et marijuana, Pete est passé devant le juge qui l’a assigné à une cure de désintoxication forcée. Pas de chance pour nous. On peut lire la déception sur de nombreux visages de clones à chapeau venus tout exprès pour admirer leur idole de vivo. Rien n’y fait, il faut s’y résoudre, la soirée commence mal. Durant toute la soirée, les enceintes de la Grande Scène résonneront des titres de Down In Albion, comme pour retourner le couteau dans la plaie déjà béante des pauvres festivaliers déçus que nous sommes.

C’est sur la petite scène du château que quelque réconfort est amené par les punks lucernois de The Failed Teachers. Un batteur, un guitariste. Ces gars-là manient le troisième degré avec brio et ont réuni devant eux pas moins de deux cents personnes. Le guitariste a les genoux en sang à force de se jeter sur le bitume, le batteur remplace sa baguette lancée auparavant, par un pied de chaise métallique. Le délire est total, les harangues au public aussi. Lancer de bières, blagues, insultes, le tout en anglais avec force accent suisse-allemand. Pour une de leur première performance scénique (The Failed Teachers ne se produisent en général que dans la rue d’une façon totalement improvisée), c’est une réussite totale. Avec une imitation du manager de Pete Doherty, le batteur finit de dérider le public après le dernier accord. Merci d’avoir lutté contre la morosité, l’humeur est remontée, on distingue même des naissances d’étincelles dans les yeux de certains membres du public. Homepage.

Direction la Grande Scène pour le concert de Body Count feat. Ice-T. Un public composé en majeure partie de nostalgique qui se rappellent leur adolescence. Qui n’a jamais entendu Copkiller? Qui n’avait pas son disque de Body Count à côté de son disque de Clawfinger? Personne, justement… L’ambiance est chaude, effervescente. Des sirènes de police et l’entrée en scène des cinq métalleux. Ovation. Violence. Un live d’une brutalité qui nous rappelle un passé douloureux mais jouissif. Des riffs alignés les un plus rapidement que les autres, une distorsion à toute épreuve, le bonheur de s’en prendre plein la face. Les titres sont enchaînés à une vitesse qui ne laisse aucun répit aux personnes présentes. C’est sauvage, c’est lourd et ça fait du bien. Body Count ont durci leur ligne. Ils ont épuré leur musique de toute trace hip hop. Les paroles restent certainement tendancieuses, encore faut-il avoir l’oreille très fine et attentive pour les comprendre et surtout filtrer les innombrables "motherfucker". Bref, cinq blacks qui font du métal, c’est rare et ça fait plaisir.

C’est ensuite un nouveau groupe Suisse que le public est appelé à découvrir. Il s’agit de Mingmen. Tout  de noir vêtus, les musiciens laissent augurer un style qui ne fait pas dans la dentelle. Un nuage de fumée et l’apparition d’une fille à la beauté et à la voix charismatique et envoûtante. C’est Evanescence version Suisse. La musique est efficace et  de bonne qualité. Le groupe est techniquement parfaitement rôdé, bien qu’il manque encore un peu d’expérience de scène. Un passage calme au milieu du concert, dont la transition ne se fait pas sans quelques moments de vide fait s’éloigner pas mal de gens, dommage! Avec déjà un cd à leur actif, sorti le 7 juin dernier, Mingmen ont un brillant avenir devant eux. Encore quelques concerts et les quelques personnes qui restent à convaincre ne se feront pas prier pour se laisser entraîner dans cette douce spirale obscure. Une formation à suivre… Homepage.

Le succès de Mingmen agit bien malheureusement en défaveur du Belge Jeronimo, condamné à commencer sa prestation devant un public décidément très clairsemé. Heureusement pour lui d’ailleurs, car à cause d’un problème technique, il se voit forcé d’interrompre son concert pendant une vingtaine de minutes. L’ironie du sort a voulu que la coupure de courant se produise durant le morceau «Les Machines»! Donc vingt minutes plus tard, Jeronimo reprend son set. Le public s’est étoffé et le jeune homme s’en donne à cœur joie. Des paroles simples et accessibles, des riffs efficaces, la formule prend vite. La puissance du son et la clarté de la voix du crooner chauve permettent d’accrocher le public et de le guider à travers murs de guitares, spasmes électroniques et mélodies tantôt mélancolique, tantôt entraînantes. À cet instant-là, sous la scène du Casino, tout le monde avait envie de tout plaquer sauf lui…

Nous ne pourrons que déplorer le manque d’affluence de cette soirée, somme toute assez réussie et jouissant d’une atmosphère de proximité rare. En effet, nous n’étions que 4’000 chanceux à vivre cet instant entre concerts et convivialité.

Photos par ©Alain Groux
Photo Failed Teachers par ©Philippe Gétaz

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