samedi , 22 septembre 2018
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Montreux Jazz 2006 | Sigur Ros

Caresses et violence : quand on aime...


Probablement que le public s’attendait à planer, violons et voix haut perchée à l’appui, musique introvertie à mort. C’est une baffe qui l’attendait, pourtant ! Les gentils Sigur Rós savent distiller le rock aérien easy-listening sombre (si l’on devait vraiment le nommer…) mais le chanteur-guitariste Jon Thor Birgisson sait aussi très bien que le son d’une Gibson passé à travers l’overdrive de son ampli, « ça donne bien »!

Ainsi, c’est l’éclectisme qui était au rendez-vous ce lundi 3 juillet pour ce concert, car le quatuor était accompagné de pas moins de neuf musiciens, parmi lesquels cinq joueurs de cuivres et quatre violonistes/violoncellistes que l’on a pu voir en ouverture du spectacle sous le nom d’Amina, juste après Murcof, Eric Truffaz et Talvin Singh. Georg Holm (la seule des 13 âmes foulant la scène portant un nom qui ne s’achève pas en –sson ou en –dottir!) ouvre les hostilités avec sa basse, sous l’anonymat d’un rideau blanc sur lequel est projeté – comme tout au long du show – une performance psychédélique. On n’aperçoit que l’ombre des musiciens, sereins. C’est alors que le rideau s’ouvre. Et tout de suite, le deuxième morceau, issu de Takk, leur dernier album en date, est enchaîné. C’est à partir de là que tout ira crescendo, passant du violon au xylophone, à la guitare jouée à l’archet puis à une batterie ravageuse pour que la chanson termine sa course lourdement et bruyamment, Jon Thor hurlant ses propos en islandais ou en sa langue inventée, le hopeland, ou encore en anglais. Peu communicatifs avec leur public, ce dernier rendra pourtant au groupe les éloges que sa musique mérite.

Sigur Rós a l’avantage d’avoir trouvé là une nouvelle manière d’aborder la musique (et qu’on ne vienne pas me dire que Thom Yorke aussi!), à savoir des morceaux souvent insaisissables au premier abord, une manière de chanter enchanteresse et un côté tout à fait imprévisible, bien loin des sentiers battus et rebattus verset-refrain-verset. Sans jamais laisser de côté la mélodie ni l’inventivité. Entre violence et caresses, il se pourrait qu’il n’y ait qu’un pas.

Une sélection Lords of Rock:

Photo ©Montreux Jazz Festival

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