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Marathon pop…

Eskobar 17.10 - Nada Surf 23.10 - Bang Gang 25.10

TBA / Universal / Disques Office


La Suisse Romande vient de subir une déflagration pop d’une intensité rare.
Eskobar a donné le coup de départ au Rocking Chair de Vevey. Les Suédois, habitués du lieu, ont mis le public dans leur poche en trente secondes, trois accords et un refrain. En effet, difficile de rester insensible face à leur morceau d’ouverture, "Persona Gone Missing". Célébrant la sortie de leur dernier effort, Death In Athens, dont ils on joué la quasi intégralité, ils n’en ont pas moins fait honneur à leurs albums précédents avec des morceaux comme "On A Train", "Why London?",  "Daysleeper", "Cold Night" ou "Whatever This Town". Une reprise d’ABBA, "Knowing Me, Knowing You" et un morceau exclusif, "So Special", sont venus couronner la performance . Le concert est un sans-faute, un moment de pur bonheur. La première partie était assurée par Matt Boroff & The Mirrors, trio américain installé en Autriche, qui a livré un set sans concession, un rock brut, arraché, assorti d’un groove totalement addictif. L’ensemble du public, conquis, leur a offert une ovation dont le privilège reste l’apanage de très peu de groupes d’ouverture. Un vendredi soir parfait.

Le jeudi suivant, aux Docks de Lausanne, d’autres habitués viennent faire plaisir à un public qui le leur rend bien. Les New Yorkais de Nada Surf, très à l’aise face à leur public, donnent à ce concert une ambiance presque intimiste, malgré toute l’énergie que dégagent leurs morceaux. Eux aussi célèbrent un nouvel album, Lucky, porté par le tube "Whose Authority", qui déclenchera le délire de la foule. Toutefois, force est de constater que c’est Let Go qui domine la soirée. Pour beaucoup, il s’agit de leur meilleur album. Peu importe finalement les morceaux joués, Nada Surf reste Nada Surf et son public est d’une fidélité telle que n’importe quel album du groupe est acheté sans autre formalité. Après, le plaisir à admirer la formation sur scène, les dreads et la cigarette de Daniel Lorca, le bon français et la gentillesse de Matthew Caws et la stabilité de Ira Elliott réjouissent et rassurent. Le monde s’effondre mais Nada Surf reste et persiste. Voilà ce qui confère une telle qualité à leur live set, à côté du plaisir que procure les performances de "See These Bones", "Always Love", "The Way You Wear You" ou "Hi Speed Soul". La foule dense qui remplit la salle lausannoise l’a bien compris et, à notre image, ne boude pas son plaisir!

Ce n’est pas terminé, le point final est inscrit à Fribourg, au Fri-Son, avec Bang Gang, d’Islande, qui nous fait discrètement oublier le pétrin dans lequel son pays se trouve actuellement. À nouveau, un concert d’une qualité époustouflante. Something’s Wrong et Ghosts From The Past sont passés à la moulinette et une digne reprise de "Summer Wine" (Nancy Sinatra) est offerte au public, qui fera revenir les musiciens deux fois sur scène après un concert d’une profonde intensité. L’humour particulier de Bardi Johansson, leader et compositeur de la formation, n’est pas en reste. Sa silhouette dégingandée et sa personnalité d’artiste total séduisent et, inlassablement, attirent. Le Fri-Son, dont la qualité de la programmation n’est plus à démontrer, nous en apporte encore une fois ici la preuve, ce qui l’inscrit définitivement dans les salles de concert incontournables de Suisse.

Des semaines pareilles sont comme une éclipse, rare mais précieuse. Ceux qui y étaient sont enrichis. Les autres devront attendre longtemps avant la prochaine occasion, les pauvres.…


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