mercredi , 19 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » Boris

Boris

Smile

Irascible


Les geeks aiment le Japon parce que les mangas sont japonais. Depuis cette lourde erreur de parcours – entendez la création des mangas – les braves Japonais continuent de subir plusieurs événements et clichés assez lourds, par exemple l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, ou les méchants chasseurs de baleines. Le but de la présente chronique n’est pas de disserter sur les mangas – quoique véritablement inintéressants –  mais simplement de se plonger corps et âmes à l’écoute des super-héros du stoner nippon, le trio Boris qui sort un nouvel album sur le sombre label Southern Lord, repère/maison close des plus brutaux groupes de Black Metal ainsi que d’énergumènes à la façon des bluesy Earth ou encore des très lents Sunn O))). Nommé d’après une chanson de Melvins et non d’un quelconque héros bolchévique, le trio japonais continue son avancée à l’opposé de la mouvance actuelle avec son mélange de stoner, hard et pop.

Boris est officiellement un groupe étrange, après de nombreux splits et un statut de légende dans le milieu underground, Smile rajoute une pierre à l’édifice assez instable et incompréhensible pour le fan lambda des festivals d’été adepte de kebab et de cochonnailles éparses à dix balles. Boris évolue, il grandit, son stoner laisse un peu de place à la sensibilité. En atteste «Flower Sun Rain», morceau de bravoure pop, ou encore «My Neighbor Satan». Le hard n’est jamais très loin, pour preuve le génial «Statement» avec son début qui renfle fort le Mötley Crüe période «Too Fast For Love» – les ex-permanentés s’en souviendront – et ses senteurs de stoner plein gaz. À ce sujet, la horde de chevaux sauvages est lancée sur «BUZZ-IN» et sur le saturé «Laser Beam». Du grand art.

Boris continue son évolution, le public cible reste marginal mais le plaisir reste intact. À l’heure ou de nombreux groupes de rock se prostituent, Boris arrive et balance un bon coup de pied dans la fourmilière. Merci.

Les Japonais aiment le voyage, c’est bien connu, et bien sachez chers amis que le Kilbi festival aura l’immense honneur de les accueillir le samedi 31 mai.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page