lundi , 24 septembre 2018
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Devastations

Yes, U

Musikvertrieb


Les Australiens de Devastations, maintenant bien loin de leur contrée, nous livrent aujourd’hui un troisième album, Yes, U, enregistré à Berlin. Rarement, un CD vous transporte aussi rapidement dans son monde. Et quel monde! Les premières notes synthétiques de "Black Ice" sont comme une invitation, un avertissement peut-être. L’atmosphère est lourde, dépressive, énigmatique, mais ô combien envoûtante. Certains parlent d’un "Waiting for the Miracle" de Leonard Cohen modernisé, on en est pas loin effectivement, la voix grave en moins.
Si la première écoute vous laisse un frisson glacial dans le dos, n’hésitez pas à réitérer l’expérience. Yes, U se dévoile au fil des écoutes, son atmosphère se réchauffant à chaque fois. S’il est difficile de parler de chaque titre séparément tellement l’album semble être travaillé pour constituer une unité indivisible, on ne se privera pas de louer l’excellente "Rosa" qui nous heurte par son hargneuse retenue, autant dans ses percussions que dans la voix de Conrad Standish. Crispé, on attend l’explosion qui finit par arriver et qui nous plonge plus encore dans une profonde mélancolie par des guitares saturées et une ambiance encore plus torturée. Le très musical "As Sparks Fly Upwards" vient éclaircir les esprits, tout en préservant cette part énigmatique qui stigmatise l’album tout entier. On replonge rapidement, et de la plus belle des manières, avec le très grave et malgré tout  entrainant "Mistakes".
 Ce rock ambiant minimaliste est très loin de nous lasser et surgit dans l’horizon musical actuel comme un véritable OVNI. On se quitte sur le magnifique "Misericordia", sorte de sonate électrique au son saturé, distordu. On ne peut que s’incliner devant cette souffrance à l’état pur, cette parfaite imperfection. Aujourd’hui, c’est sûr, Devastations mérite bien mieux que des premières parties, de Tindersticks lors de leur première tournée australienne et de NIN cette année au Rock Oz Arènes.


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