vendredi , 16 novembre 2018
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Deerhof

Friend Opportunity

Namskeio


Peu connu de ce côté de l’Atlantique et pourtant adulé par des pointures comme Sonic Youth, Beck et Radiohead, le groupe Deerhof sort son neuvième album studio en une dizaine d’années d’existence. Ce power trio de San Francisco est constitué, depuis le départ du bassiste Chris Cohen, de deux californiens aux noms tout droit sortis d’un livre de Bret Easton EllisJohn et Greg – et d’une japonaise au doux nom de Satomi Matsuzaki. La comparaison avec Blonde Redhead s’arrête là même si les deux groupes sont influencés par la vague noisy-pop de Sonic Youth.

Difficile à trouver chez les disquaires de grande diffusion, Friend Opportunity marque un nouveau tournant dans la riche carrière des Californiens. L’entrée en matière est directe. Sur une rythmique emballée «The Perfect me» et «+81» font le lien avec leur dernier album The Runners Four (2005). La production a pourtant atténué la rugosité sonore, affiné les arrangements musicaux et adouci la voix aigue de Satomi qui se rapproche de Trish Kenan. Les instruments classiques (guitare-basse-batterie) sont suppléés dès le deuxième morceau par des cuivres puis par des boucles électroniques déjantées. Deerhof ne se tient pas au rock et la présence d’électro minimal sur «Kidz are so small» en est la meilleures preuve. Reste un long final, «Look away», aussi étonnant que mystérieux, teinté d’improvisations sonores proches des post-rockers de Mogwai et des ambiances sonores du groupe anglais Broadcast sur l’album Work and Non Work.

Friend Opportunity est un cocktail musical d’arrangements improbables et imprévisibles qui trouvent leurs sources dans le meilleur de la pop, du rock et du noisy-pop pour créer un son unique. Chaque morceau est en perpétuelle évolution si bien qu’il est impossible de se focaliser sur un thème. Le maître mot semble être l’improvisation et la déconstruction sonore. A l’ère du digital, les ciseaux et la colle sont troqués par l’informatique mais Deerhof est un vrai groupe de scène et les vidéos sur YouTube de son batteur fou Greg Saunier sont là pour le montrer. Toujours sur le fil du rasoir, le résultat est sans compromis: un très grand album.


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