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The Buttshakers

Interview


INTERVIEW Voilà
deux ans de cela, au hasard d’un mypace, je me prends une tarte énorme dans la
figure. The Buttshakers est un groupe lyonnais qui mêle subtilement influences
garage punk avec une soul explosive du plus bel effet. Emmenés par la charismatique
Ciara, le groupe casse tout sur scène et, pour les avoir vu trois fois, je peux
vous dire que cela vaut le déplacement. Cette interview date déjà un peu, mais
sachez que leur premier album vient de sortir et que vous pourrez les voir à
l’Usine de Genève dans le cadre du festival Rude Boys Unity le 3 juin prochain.
Ne les manquez pas !

Lordsofrock : Vous venez d’où musicalement parlant ? Il semblerait
que vous ayez joué dans pas mal de groupes avant, on veut des noms ! Vous
puez le punk et le garage à plein nez ! Expliquez-nous ça !

Buttshakers : C’est très variable, vu que les
membres des Buttshakers n’arrêtent pas de changer, donc je ne sais pas si tu
fais référence aux membres « historiques » ou au line-up actuel.
Quoiqu’il en soit en globalité, nous venons du rock, excepté les cuivres, qui
viennent plutôt du jazz et du funk, ce qui semble classique de par la nature
des instruments.

La
culture commune entre Ciara et Julien, qui écrivent les morceaux, c’est le
trash, le blues, la soul brute, le rythmn’n’blues et tout ce qui est déglingue
(Julien) ou violent (Ciara). Donc on arrive forcément aux influences puantes
garage et punk. L’idée est de mêler du Bo Diddley réverbéré aux harmonies
Motown avec le punch de la scène hardcore 80’s (rires) ! Sinon quant aux
groupes, Fabien et Julien avaient joué dans Mishka, Tony (ex-sax) dans les
Swingin’ For Nothing, Ciara dans des groupes de hillbilly blues aux USA, etc.

 

Ciara, tu as
un tatouage de Black Flag, que représente ce groupe mythique pour toi ?

Effectivement
on peut dire que c’est un groupe mythique, mais mon tatouage ne représente pas
seulement le logo de Black flag, vu que, superposé à ce logo, il y a le drapeau
de Saint-Louis (ndr, la ville dont elle est originaire). Je crois que c’est mon
seul coté fasciste – nationaliste (rires).

Lorsque
j’ai commencé à aller aux concerts punk, j’avais 15 ans et je ne connaissais
rien de tout au punk. J’étais un baby-punk (rires) ! Pendant le
premier concert que j’ai vu – un groupe mythique de Saint-Louis qui s’appelle ‘The
Pubes’ – j’ai remarqué que plein gens portaient le même tatouage et je me suis
dit « ok, ça doit être le ‘symbole’ du punk, comme le A cerclé est le
‘symbole’ d’anarchie’ ». J’étais jeune (rires). Plus tard, j’ai compris
qui était Black flag et cela reste toujours un de mes groupes préférés. J’ai
choisi ce tatouage plutôt parce que, pour moi, grâce au punk et à  Saint-Louis, je suis qui je suis. Par
ailleurs, beaucoup de mes potes de Saint-Louis ont le même tatouage, on va
bientôt commencer un culte (rires) !

D’ailleurs,
c’est quoi ton parcours pour te retrouver de Saint-Louis à Lyon ? Tu as
des groupes à nous faire découvrir de là-bas ?

Je
suis venue à Lyon pour faire des études, qui n’ont pas duré très longtemps. La
fac, c’est l’arnaque. J’ai alors commencé à faire un peu de tatouage, puis j’ai
rencontré les mecs des Buttshakers. Trois ans plus tard, je suis toujours en
France.

Bien
sûr, il y a de supers groupes à découvrir de Saint-Lous ! Enfin, en ce moment,
je ne connais pas très bien les groupes actuels, mais quelques groupes que j’ai
toujours adoré sont : The Breaks (meilleur groupe de Saint-Louis pour
toujours, toujours, toujours! fast, loud and angry! Oui, oui!), Civic Progress
(hardcore punk qui a sorti deux 45 T sur ‘no way records’), Prefacture (noise
brutal punk), Cardiac Arrest (old school hc punk), The Pubes (whiney, teenage
punk), Medical Tourists (electro punk), Cross Examination (grind metal), The Advesary
Workers (un peu anarcho, un peu noise, totally awesome), Godfodder (des jeunes
qui font du bruit!), The Requiem (metal as fucckkk), Johnny and the Jerks
(garage rockabilly..un peu mais pas trop), The Vultures (screaming garage!),
Rum Drum Ramblers (blues/americana). Je pourrais continuer durant des heures. A
Saint-Louis, tu trouves tous les styles que tu veux et la scène est très
mélangée. Les groupes ne durent pas longtemps, mais ils ont toujours beaucoup
d’énergie et comptent des musiciens complètement tarés (pas du tout comme moi,
hihi).

 

 

 “C’est majoritairement des saloperies relationnelles”

 

 

Que racontent
vos paroles ? C’est dans les traditionnelles histoires d’amour propres à
la soul ? Qui les écrit d’ailleurs ?

Oui,
c’est majoritairement des saloperies relationnelles, mais il s’agit de trucs
vécus ! Ciara est à l’origine de la plupart des textes, mais Julien en
écrit aussi.

A propos de
soul, vous en écoutez un peu tout de même ? C’est quoi la playlist du bus
en tournée ?

Bien
sûr, heureusement ! En tournée, on écoute très peu de musique, vu qu’on
baigne dedans tous les jours dans les clubs (et surtout aux fêtes après les
concerts). Quelques heures de repos des oreilles sont souvent bienvenues et
tout le monde dort dans le bus. Autrement, on met la radio en fond sonore.
Trouver des trucs qui plaisent aux 6 membres (ainsi qu’au chauffeur) en même
temps à l’instant T, ce n’est pas toujours évident.

Vous avez
sorti trois 45T à la suite, que représente cet objet pour vous ? C’était
une volonté délibérée de ne pas faire d’album ?

Pas
du tout ! C’est juste que les choses se sont présentées comme ça. Le 45T,
c’est l’objet rock par excellence, le single, deux faces bim-boum et hop c’est
réglé. J’adore les singles, j’en possède des tonnes. Nos trois singles viennent
de sessions différentes, donc ils n’étaient pas dans une optique album.
L’album, le vrai, vient de sortir.

A propos, je
constate que ces trois 45T sont sortis sur deux excellents labels allemands,
comment s’est opérée cette connexion ? Vous avez écouté les autres sorties
de ces labels ?

Non,
tu te trompes ! C’est bien sur deux labels, mais l’un (le tout premier)
est français (Pop the Balloon). En fait, on venait de commencer, et un jour on
a décidé d’enregistrer 4 titres à la cave pour notre Myspace. On les a donc mis
en ligne et boum, tout de suite, deux labels se sont manifestés, sans qu’on ait
rien cherché ou demandé ! Et ces 4 titres sont sortis donc sur deux 45
tours, un français, un allemand (Copasedisques). On connaît assez bien les
groupes sur ces deux labels, le français est très power pop – punky, l’allemand
plus orienté soul, garage et rocksteady.

A combien
d’exemplaires ont-ils été pressés ? Et dans quels pays sont-ils
distribués ?

Ils
ont été tirés à 500 exemplaires chacun. Ils étaient distribués dans le réseau
des disquaires underground en France, en Allemagne, Belgique, sinon en vpc sur
pas mal de sites, et à nos concerts bien sûr. Ils sont quasiment tous sold out.
Il doit en rester moins d’une dizaine du troisième. L’album a une distribution
bien plus grosse, via Discograph, et est disponible partout. Il est sorti
évidemment en vinyle, mais aussi en CD, en format digital, etc.

 

“Cela reste plus
underground”

Vous avez
plusieurs tournées en Allemagne à votre actif, comment se sont-elles
montées ? Quel fut accueil du public ?

L’un
de nos labels étant allemand, ça a été facile. C’est lui qui a monté la
première tournée, puis, pour les deux suivantes, il nous a confié aux mains
d’un tourneur allemand. Et ça s’est enchaîné tout seul. Vu qu’il y a eu un peu
de promo et de presse là-bas, on a été super bien accueilli et le public est
vraiment chaud et connaisseur. 

En vous
confrontant aux teutons, n’avez-vous pas l’impression qu’il n’y a pas de réelle
scène « garage-soul » en France ? Vous vous sentez seul ?
Qu’est-ce qu’il manque selon vous à la France pour égaler la qualité de la scène
teutonne ou espagnole ?

Elle
est très peu développée en France, mais pas vraiment non plus ailleurs… A part
des monstres comme Khing Khan ou The Solution, il n’y a pas beaucoup de groupes
qui font ça spécifiquement. Donc forcément, on se sent un peu seul. Par contre
l’Allemagne, ou l’Espagne, regorgent de (bons) groupes de rock. Il y a surtout
du public et des clubs, donc une vraie scène, des moyens et des acteurs. En
France, ça existe aussi, mais à une moindre échelle, et cela reste plus
underground.

Et pour
conclure, quand c’est qu’on vous revoit en Suisse ?

Vite,
j’espère ! On a changé de tourneur, et pour la sortie de l’album, il est
clair qu’on va jouer un peu partout. Donc, nous espérons bien passer à nouveau
par la Suisse !
On en garde d’excellents souvenirs.


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