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Rock Altitude 2017, jeudi soir


Rock Altitude, Le Locle (CH), jeudi 10 août 2017

REVIEW - Le Rock Altitude et le rock c’est une longue histoire d’amour qui dure depuis plus d’une décennie maintenant. A l’origine très typée métal, la programmation s’est élargie afin d’accueillir d’autres styles comme le rock, la pop, l’electro et cette année le hip-hop. En effet, pour cette édition, le festival a monté une soirée où les beats urbains et la poésie de rue ont résonné sur le site de la patinoire municipale, avec notamment les marionnettes déchaînées des Puppetmastaz et l’électro-hip-hop des Chinese Man. Ce pari sur la musique urbaine a-t-il été payant ?

En tout cas, cela a semblé être le cas à la vue du public qui afflua en masse juste avant le concert des Puppetmastaz et ce malgré le froid quasi automnal. Créé 20 ans auparavant, le collectif berlinois a la particularité de se cacher pour laisser place à ses personnages plus fantasques les uns que les autres. Ainsi ils proposent un concept délirant de spectacle de marionnettes sur fond de musique hip-hop old school digne des meilleurs. Ce soir, ils nous ont conté une heure durant les aventures de Tête-de-Patate qui s’est fait molesté par Crocodile – partageant un air de famille avec Bowser. Pour se venger, Tête-de-Patate a dû aller trouver la sagesse auprès du Buddha. Ce dernier lui enseigna à se battre avec un bâton lui permettant ainsi de se venger de Crocodile. Lors des interludes, le combo a interprété des anciens titres, comme ‘To The Swamp’ ou ‘Break a bottle’ ainsi que des plus récents comme ‘Cheeba Garden’ paru sur leur dernier LP : Keep Yo animal. Le public a été séduit par ce conte urbain : il faut dire que la magie des Puppetz est très efficace lorsqu’il s’agit de faire bouger le public !

Nous nous sommes ensuite rendus sous la tente de la petite scène d’une part pour avoir chaud mais surtout pour aller écouter Beak>. Originaire de Bristol, le trio mené par Geoff Barrow – membre de Portishead – expérimente diverses formes de musique allant du rock à l’electro, la majorité de leurs titres pouvant facilement se ranger dans la case krautrock. Force est d’avouer que si nous nous sommes rendus ce soir au Locle, c’était pour les voir et nous n’avons pas été déçus loin de là. Un set puissant, des enchaînements aux petits oignions même s’il faut avouer que le début du set s’est montré très chaotique. Ils ont commencé leur set par ‘The Goal’, ‘Yutton’  qui sont-ils faut le dire les titres les plus caractéristiques de leur style. Ils ont ensuite proposé un florilège de leurs 3 albums comme la vague psyché de la puissante ‘Wulfstan II’. Au vu de la couleur de la soirée, il y a matière à s’interroger sur la pertinence de la programmation d’un groupe de krautrock introspectif au milieu d’une soirée 100 % hip-hop…

Nous avions à peine le temps de souffler qu’il était déjà temps de se rendre sur la grande scène pour aller écouter l’électro-hip-hop des Chinese Man. Ils étaient arrivés avec un gros dispositif sur scène, leur servant de podium. Les trois DJ’s sont arrivés encapuchonnés pour entamer leur set avec ‘Shikantaza’ et ‘Escape’de leur dernier album en date. Les visuels de ce premier morceau sont très réussis et forts, tellement qu’ils semblent plus marquants que la musique qui l’accompagne. Dès le 2e morceau, les DJ’s ont été rejoints par 2 puis 3 MC’s qui les accompagnaient en tournée. Ils ont joué aussi les titres electro-swing de leur premier album qui les ont fait connaître : ‘Get up’ et ‘I’ve got that tune’. Les Français ont bien su créer le lien avec un public largement conquis d’avance car principalement venu pour eux.

Finalement, la soirée s’est close sur la prestation des régionaux de l’étape : Koqa Beatbox. Le jeune groupe avait réussi à convaincre de nombreux spectateurs de rester finir la soirée avec eux malgré le froid – on atteignait à peine les 6°C à ce moment-là de la nuit. Le trio neuchâtelois se compose d’un batteur, d’un MC beat-box humaine et d’un cuivre – vraisemblablement un bugle – le tout samplé en un ensemble hip-hop jazzy de très bonne facture.

Le pari des organisateurs de proposer cette soirée hip-hop s’est révélée un gros succès au vu du public nombreux qui a bravé la météo ce soir-là : principalement dû à notre avis à Chinese Man dont le nom a réussi à rameuter les aficionados du genre. Notre coup de coeur – ainsi que notre sympathie – est évidemment pour Beak> qui a su maintenir haute la bannière du rock lors de cette soirée hip-hop.


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