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Rock Altitude 2016 – Vendredi


REVIEW - Parmi la pléthore des festivals de l'été qui ont lieu en Suisse romande, il en est un qui a une place un peu particulière dans notre coeur ; il s'agit du Rock Altitude Festival (anciennement VNV Festival). Avec ses deux scènes à la patinoire du Locle, ce festival à la programmation relativement pointue sait combler les fans de rock et de metal. Si on se souvient particulièrement du froid qu'il peut faire en cas de mauvais temps dans cette patinoire couverte mais ouverte au quatre vents, on se remémore aussi les concerts pointus et la qualité du son plus que correcte pour ce petit festival. Ayant commencé avec une image de festival rock et metal, la programmation s'est ouverte à d'autres styles de rock plus softs. Pêle-mêle le festival a accueilli par le passé Mogwai, Neurosis, The Ocean, Gojira, Converge, The Dillinger Escape Plan, Lofofora, Deftones, Orange Goblin, Napalm Death ou encore Meshuggah mais aussi des artistes pop comme Nada Surf, Asaf Avidan, Yoldelice et aussi Charlie Winston. De plutôt belle têtes d'affiche, il faut en convenir ! De plus, en parallèle le groupe offre l'opportunité à des groupes suisses de partager la scène avec ces montres sacrés. Cette année, la onzième, se sont produits Neurosis, Godspeed You ! Black Emperor, Birth of Joy (dont nous pensons le plus grand bien) Chelsea Wolfe, Mono, Behemot, Mayem, Entombed ou encore Shake Chake Go ainsi que des artistes suisses plutôt connus dans le genre comme Promethee, Rorcal, Colossus Fall mais aussi dans un autre registre Larytta, Emilie Zoe et nos amis de Forks. Et cerise sur le gâteau, le Erik Truffaz Quartet ! Bref, on se réjouissait de cette édition ! Nous n'avons pas pu tout couvrir aussi nous allons revenir sur les soirées de vendredi et samedi.

Vendredi était la soirée où officiait les deux grands groupes que sont Neurosis et Godspeed You ! Black Emperor. Chacune de ces formations ont quasiment à elles seules défini un genre de musique au travers des années 90 et qui ont su perdurer jusqu'à aujourd'hui si bien qu'elles ont un statut quasi mythique en post-rock pour Godspeed et en post-metal pour Neurosis. En fait Neurosis EST le post-metal…

Nous arrivons sur site alors que les premiers accords de 'Hope Drone' de Godspeed You ! Black Emperor résonnent sur la grande scène. Tout de suite, on entre dans le paysage musical où nous emmène le combo montréalais. Vidéo à l'appui (sur péloche et vieux projecteur à bobine !), le groupe nous envoie son message dur sur notre société techno-accro à l'aide d'image de plans techniques et photos urbaines monochromes qui se déploient tout au long du set. D'ailleurs le groupe a toujours proclamé une image anti-consumériste et anti-ultralibéraliste. Après ce morceau qui sert d'introduction au groupe, ils enchaînent sur 'Mladic', 'Peasantry or 'Light ! Inside of Light !'', s'ensuit un morceau dont j'ignore le titre puisque inédit mais qu'ils jouent live depuis leur reformation en 2012. Puis on a droit a 'Lamb's Breath', 'Asunder, Sweet', Piss Crows are Trebled et pour finir la partie de morceau connu sous le nom de 'The Sad Mafioso' – de mémoire il s'agit d'une section de East Hastings sur leur tout premier album A#F #-Infinity.

Comme à son habitude, pas un mot n'est prononcé et les morceaux s'enchaînent sans pause. Les membres du groupe jouent pour la plupart assis et courbés sur leur instruments sans prêter attention au public : leur musique s'exprime d'elle-même. Mis à part le dernier morceau, le groupe a pris la décision de ne jouer que leurs morceaux les plus récents non seulement plus courts mais aussi plus rock se prêtant bien au cadre d'un festival – qui a d'ailleurs aménagé sa grille à la dernière minute afin de permettre au groupe de jouer 1h30. Dans mon souvenir, la setlist est la même que celle qu'ils avaient proposé aux Docks à Lausanne l'année dernière. C'est un bon show – rodé certes – et le son a été à la hauteur de la musique de ce groupe mythique pour tout fan de post-rock qui se respecte et les festivaliers ont eu l'air comblé.

Nous faisons un petite pause avant Neurosis alors que Mutoid Man se produit sur la petite scène sous la tente avec son hardcore juvénile avec force double pédales assommantes et ses guitares tonitruantes.

Il est 23h30 pile lorsque Neurosis monte sur scène. Comme toujours, le quintet de Oakland ne  prononce pas un mot et assène les premiers accords de 'Given to the Rising', titre d'ouverture de l'album du même nom. Tout de suite, la fureur du son frappe le public, la présence scénique des membres du groupe est intense – si en 2008 Scott Kelly s'est blessé au front sur son micro pendant le concert, cette année, il est en nage après 45 minutes si bien que dans l'atmosphère refroidie du Locle, il a commencé littéralement à fumer… Il s'en suivra les morceaux 'Locust Star', 'Lost', 'Bending Light' ainsi que deux inédits à ma connaissance. Le set se clôture sur le magnifique 'Stones From the Sky' et le groupe sort aussitôt le morceau terminé pour ne pas revenir : leur messe remplie de désespoir et de colère est dite – au grand dam d'une grande partie du public.

Si la musique de Neurosis aussi bonne – excellente même – qu'elle soit n'est pas des plus joviale, c'est un voyage introspectif qui demande beaucoup d'engagement émotionnel de la part de l'auditeur – pour certains, c'est un voyage qui coûte cher tant les compositions sont lourdes et prenantes. Le terme doom metal aurait pu être inventé pour eux si Neurosis n'avait pas été la définition même du post-metal. Tour à tour, les thèmes abordés dépeignent une vision apocalyptique du monde, une négligence totale des forces vitales du monde, les pièges du passé mais propose aussi de trouver une certaines forme de catharsis dans The Eye of Every Storm : il faut l'avouer c'est une musique assez exigeante qui mélange bon nombre de styles qui colle bien à l'étiquette metal expérimental du groupe. Personnellement, je suis souvent sorti des concerts de Neurosis comme si j'avais reçu des coups et cette fois-ci n'a pas fait exception. Comme on l'a résumé avec deux autres chroniqueurs de Lords : Neurosis c'est pas cool mais c'est tellement bien !

Après ces deux concerts assez exigeants, il était temps de rentrer car la soirée du samedi promettait d'être longue bien que bien différente.

 


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