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Manu Lanvin and the Devil Blues

Mauvais Casting

Label: Very Cords / Disques Office

BLUES-ROCK - Vous souvenez-vous de cette photo tirée du film « Marche à l’ombre », où Gérard Lanvin et Michel Blanc se protègent de la pluie sous un carton avec une guitare folk Ibanez ? Auriez-vous imaginé que cette guitare sera celle sur laquelle Manu, fils de Gérard Lanvin, fera ses premiers accords ? Ceci l’amène aujourd’hui à nous présenter son quatrième album, « Mauvais Casting », mais sur un tas d’autres guitares qu’il s’est procuré depuis…

Etant accompagné des Devils Blues, et avec une pochette montrant une guitare debro, on est en droit de s’attendre à un disque de blues. Les premières notes confirment notre attente, "Sur la route sixty one" est  un bon blues acoustique, bottelneck au doigt, pour un titre s’inscrivant dans la tradition du blues anglophone, mais chanté en français.  Le reste de l’album va plus loin qu’un simple disque de blues francophone, même si l’influence est plus ou moins audible. "Don’t beat a woman" possède certaines caractéristiques de l’arrangement blues (harmonica), ainsi qu’un refrain bien chantant reprenant la grille de blues traditionnelle. Pourtant, isolé de son contexte, on ne pourrait la qualifier de blues par ses différences. C’est tout de même teinté de pop de rock et de variété française.  C’est le cas pour "Donne-moi la fièvre", pastiche des slows sixties. On est plutôt ici dans la bonne variété. D’autres chansons empruntent tranquillement les caractéristiques du blues de toute période et nous transportent d’une chanson à l’autre avec une très bonne énergie. C’est le cas de "Laisse-moi respirer" ou "Lil White Man", avec une rythmique à la Stevie Ray Vaughan. D’autres jouent la carte d’un blues français à la Bill Deraime.

 

 

Star montante de la nouvelle scène française, Manu Lanvin confirme aussi son talent d’auteur-compositeur, avec de très bonnes mélodies, comme "Tendre est la nuit", doté d’un excellent arrangement vocal en arrière plan. Pareil pour ses paroles, avec même un buzz sur internet pour sa chanson dédiée à Paris Hilton. Ici l’expérience se renouvelle, avec parfois une pointe d’humour et presque d’autodérision sur son personnage (comme "Laisse-moi respirer"). Passant de l’anglais au français, du blues acoustique au blues électrique avec une maitrise presque insolente, les titres, tous excellents, s’enchainent sans temps mort. Le seul petit reproche, que j’ai déjà pu faire à une flopée de disques pop récents, c’est la courte durée des chansons. Certaines auraient gagné à être légèrement plus développées (un refrain ou un solo en plus) pour ne pas s’arrêter net. Je chipote, c’est vrai, vous pouvez me le dire, parce que devant tout ce que dégage ce disque, on devrait se taire et apprécier. C’est ce que je vais continuer à faire, et je vous invite à faire de même.
 


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