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Lou Doillon aux Docks


Les Docks, Lausanne (CH), jeudi 3 décembre 2015

REVIEW - Difficile de démarrer la critique d’un concert de Lou Doillon sans parler de sa famille d’artistes reconnus (fille de Jacques Doillon et Jane Birkin demi sœur de Charlotte Gainsbourg). Pourtant, Lou Doillon à elle seule est une artiste complète puisqu’à 33 ans seulement elle a déjà eu une carrière d’actrice et de mannequin et qu’elle possède un réel talent en tant qu’auteur compositrice et interprète. Son premier disque (PLACES 2012) a été encensé par la critique et par le public et ce jeudi 3 décembre la salle des Docks était comble pour confirmer que la « petite » Lou est "belle et bien" une grande chanteuse.

Lou entre en scène timide mais rayonnante sur "Worth Saying" (LAY LOW – 2015). C’est une femme très simple, qui parait timide, longiligne au visage atypique. Elle enchaine ensuite avec Questions and Answears (Places) La scène est bien pleine : une batterie, une basse, une guitare électrique, un clavier et Lou à la voix et parfois à la guitare acoustique. Avec son timbre distinctifs rauque et travaillée, elle a un charisme, une présence. Une présence qui "n’impose pas", mais une présence douce, qui attire le calme, et une sorte de mélancolie aussi.

Elle se détend avec de petites interludes pour discuter avec le public assez mixé mais plutôt de moyenne d’âge 40-50 (Y a-t-il une nostalgie de Jane ?). En fait malgré ses chansons de folk blues mélancolique et sa voix profonde, Lou est très drôle et discute volontiers avec une petite voix très  douce. Cela a pour effet de détendre le public qui rit et en même temps de détendre la chanteuse qui s’approprie la scène des Docks. Elle interprète ensuite le titre qui a lancé son premier album, le fameux ICU. Personnellement je l’avais découvert sur une compils des Inrocks des tubes de l’été 2012 et c’est ce qui m’a donné l’envie de venir au concert.

Le début de cette chanson démarre avec le piano et sa voix ressort alors formidablement. Son grain est là. Dans la salle des Docks, personne ne dit un mot. La mélodie, un peu mélancolique quand même, nous laisse rêveur. En se penchant sur les paroles, on comprends mieux. Le manque d’une personne, disparue, partie ? Cela a dû tous nous arriver, et cette sensation de mélancolie ou spleen touche chacun d’entre nous.

Je me mets dans ma bulle et les amis qui m’accompagnent aussi. « On n’a pas envie de partager Lou Doillon, on n’a même pas envie de discuter… »

Lou est naturelle, jolie, pas superficielle. Entre deux chansons elle nous raconte comment elle compose certaines de ses chansons. Elle nous parle aussi de ses défauts physiques qu’elle assume mais qui n’en sont pas vraiment. Pas Bimbo pour un sous (voire petite polémique cet été ou Lou a dénoncé l’attitude de certaines chanteuses telles que Beyonce « Je me dis que ma grand-mère a lutté pour autre chose que le droit de crâner en string. Quand je vois Beyoncé chanter nue sous la douche, suppliant son mari, ivre, de la tirer, je me dis: «On assiste à une catastrophe ! ») (. (interview télérama 20.09.2015) Cette fille a du talent et en plus elle a de l'humour. 

Elle se donne, s’engage et aborde pudiquement les évènements tragiques de Paris mais souhaite passer un message optimiste. Dans toutes les situations, il faut continuer d’avancer.

Enfin, Lou ne se cache pas. Elle prend possession seule du piano pour interpréter "Worth Saying" et finalement se met à genoux face au public pour donner un ton plus électro au concert avec "Nothing left".

Puis elle conclue sans ses musiciens mais avec le public invité à participer par un petit morceau doux et léger. Le public conquis est détendu et rassuré. Sure que Lou Doillon fera salle comble lors de son prochain passage à Lausanne.


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