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Hanni El Khatib aux Docks


Les Docks, Lausanne (CH), mardi 26 novembre 2013

REVIEW - C'est quoi "être rock en 2013" ??

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Des questions qui restent sans réponse, il en est un trou sans fond. Si la majorité du temps l’absence de réponse ne perturbe en rien le quotidien, il y en a pour lesquels certaines personnes doivent absolument avoir une réponse. Ils s’évertuent donc à la répéter inlassablement jusqu’à l’obtention de la réponse parfaite. C’est le cas par exemple d’un célèbre magazine français dont la rédaction est dirigée par un ancien membre d’un jury de télé crochet à succès. Chaque mois il donne la possibilité à ses lecteurs de rédiger leur part de démonstration. Il n’y a rien à gagner, pas de bonne ou de mauvaise réponse mais dès lors que l’on pense avoir trouver, il faut absolument que cela se sache, on ne sait jamais. Nous ne détenons de loin pas la vérité, nous n’en avons pas la prétention, et jusqu’à maintenant nous ne voyions pas la nécessité de disserter sur ce sujet. Mais depuis mardi soir et après ce à quoi nous avons assisté, nous n’avons pas eu d’autre choix que de l’écrire. Ça n’est pas parfait mais cela nous semble, à ce jour, être la définition qui s’approche le plus de la réponse tant recherchée. Du coup, à notre tour de tenter notre chance et de répondre à cette question : C’est quoi être rock n’roll en 2013 ?

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Être rock n’roll en 2013 c'est se trouver à Lausanne, mettre "Will The Guns Come Out" en fond sonore pour entrer sur la scène des Docks. Faire ses premiers pas, l'air de rien, saluer le public d'un petit signe de la main, prendre sa gratte et commencer son set par le très accrocheur "Head In the Dirt". Le jouer mais surtout ne pas le surjouer. Y mettre de la vigueur mais sans forcer le geste ni la voix. Inviter le public à entrer dans son univers sans l'y forcer. Et une fois la majorité ralliée à sa cause, finir de convaincre les derniers réticents en enchaînant par "Pay No Mind". Lui donner un peu plus d'intensité et monter en puissance au fur et à mesure que les notes défilent. Atteindre la puissance et l'intensité minimale requise et continuer de la sorte avec cette nonchalante mais non moins hargneuse envie de s'éclater et de partager ce plaisir si communicatif.

Être rock n'roll en 2013, c'est faire d'une salle pas complètement pleine, un véritable chaudron bouillonnant à deux doigts d’exploser lorsque les premières notes de "Penny" retentissent et réussir à l’amener au bord de la rupture dans l'enchainement de "Skinny Little Girl".

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Etre rock n'roll en 2013, c'est dynamiter la foule sur l'impressionnante intensité donnée à "You Rascal You", profiter de la ferveur ambiante pour revoir un peu la set list en jouant "Save Me" avant "Garbage City" alors que ça n'était vraisemblablement pas prévu. C'est savoir quand la fermer au bon moment pour laisser parler la musique. Mais c’est aussi savoir quand l’ouvrir pour reprendre son souffle plutôt que de se laisse emporter dans les abîmes d’une prestation que l’on ne souhaite pas donner.

Être rock n’roll en 2013, c’est aussi prendre un de ces moments pour raconter une anecdote de VW Polo qui n'intéresse à priori personne, mais qui par son inutilité fini par captiver tout le monde. C'est donner l'impression que l'on s'en fout alors qu'on donne tout et qu'on est à la limite de nos capacités vocales. C'est également d’avoir composé un titre qui s’appelle "Fuck it, You win". C'est au milieu d’un morceau descendre dans la salle et faire un petit solo entouré de la foule. C'est savoir donner un show qui n'est pas réglé au millimètre et réussir à assurer chaque titre et chaque transition.

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Être rock n’roll en 2013, c'est gommer la production pop de ses titres pour n'en faire que du rock. C'est faire un rappel complétement barré en jouant "House On Fire" et "Familly" avant de quitter la salle en sachant dire merci. Et puis c'est 15 minutes après le concert d'aller boire des bières au bar de la salle à la rencontre des gens. Finalement c'est savoir d'où l'on vient, garder les pieds sur terre et ne pas se prendre la tête parce qu'on vend 3 disques. Mais en résumé, pour nous, ce qui restera de ce concert c’est qu’être rock n’roll en 2013, c’est être Hanni El Khatib.


2 commentaires

  1. et ce son ! Puissant !

    J'écoute en boucle "Fuck it, you win" depuis une semaine ;-)

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