dimanche , 23 juillet 2017
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Gorillaz

HUMANZ

Parlophone / Warner Bros

ROCK INDE - Oyez, oyez, Gorillaz est de retour…. On a le pouvoir de les aimer !

Bon, comme vous le savez, chez Lords of Rock, nous sommes tous professionnels, hyper impartiaux ( ?) et jamais dithyrambiques ( !) mais il existe, pourtant, malgré nos efforts, des dinosaures que l’on n’ose plus jeter aux orties (à la décharge ?) car on s’est attaché… Tiens, comme l’auteur de ces lignes ! Oui, parce que je suis connue comme THE dingo de Blur (et autres produits dérivés…..) qui couine à chaque évènement monté par Damon Albarn (annuellement, donc !) et s’évanouit régulièrement au premier rang devant Graham Coxon

Donc, après les années 2009-2015 dédiées à Blur (Hyde Park, reformation, album solo de Damon, tournée mondiale, album blurien surprise, re-tournée, etc.), la rumeur arrive dans mes oreilles d’un nouveau Gorillaz en 2016… c’est l’hystérie et le harcèlement de la rédaction de LOR pour « chroniquer, oui, si, pitiéééééé » le prochain opus… bon, le fait que Damon Albarn ait fait durer le plaisir et sorte, finalement HUMANZ ce 28 avril, n’a fait que rajouter à la mauvaise santé mentale du chroniqueur !

Bref, passons aux choses sérieuses (et impartialement, promis !).

Honnêtement, si vous écoutez attentivement le dernier Gorillaz, le tant attendu HUMANZ , certains d’entre vous allez ruer dans les brancards et vous demander si les personnages n’ont pas réellement pris le pouvoir, au détriment de Damon Albarn et Jamie Hewlett

Après plus de six ans à attendre, on pouvait espérer de la continuation chez les Gorillaz, mais c’est mal connaître Albarn qui a plus d’une idée dans son sac (sa tablette, quand il ne la perd pas !) et qui pousse toujours plus loin les expérimentations et les collaborations. Cette fois, il le dit lui-même, il a même travaillé avec certains artistes pour impressionner sa fille, Missy, âgée de 17 ans !

L’opus est donc déroutant, étrange, maladroit quelque fois, mais follement séduisant et, frôle le merveilleux ! Les vingt-six titres pour la version Deluxe vous donnent envie de danser, de regarder en l’air et de vous dire que, finalement, on est tous humains et que, au final, c’est vachement bien ! Et en ces temps difficiles, cela ne peut pas faire de mal…

Gorillaz, c’est comme rassembler le monde entier sur un album… Entre les anglais (Rag’n’Bone Man), les français (Jenny Beth), les américains (De La Soul), les jamaïcains (l’icône Grace Jones), les générations se confondent, s’entremêlent, se complètent et s’harmonisent avec des sons sans ce côté acoustique habituel. Après THE FALL et, surtout, le très aimé PLASTIC BEACH, les sonorités et les influences revendiquées ici sentent la différence volontaire.

Damon Albarn avait cité Simple Minds comme inspiration, comme piste (qui, par ailleurs font une tournée acoustique en France). La percussion ressort énormément sur ce disque ainsi que les battements séquentiels. Il y a aussi des chœurs, des chanteurs (une bonne quinzaine…), comme un groupe de gospel, ici et là, qui donnent une touche humaine à l’ensemble de l’instrumentation… et toujours la voix de Damon Albarn qui transporte le tout (et ne se cache plus !).

C’est assez enivrant comme sensation à l’écoute.

L’album débute avec l’intro « I Switched My Robot Off » dont je ne sais toujours pas quoi penser (je sautille bêtement l’air idiot), « Ascension » avec Vince Staples (pour impressionner Missy, donc) qui a même séduit les vieux du dino (c’est tout dire !) puis se poursuit par l’interstellaire « Strobelite» avec Peven Everett dont la voix est tellement humaine avec ce côté funky explosant le tout… Ne parlons pas de l’hypnotique « Saturnz Barz », dont le clip est un petit bijou drôlissime (ah ! l’intimité flouté de Murdoc !) qui passe en boucles dans le MP3 d’un certain dino bien connu, avec le flow de l’étonnant Popcaan !

Que dire que la présence divine de Grace Jones sur « Charger », très électronique et la présence habituelle de nos amis de De La Soul sur « Momentz » (oui, je vous avais prévenus dans les brèves… les Z pullulent cette année !) aidés par la patte de Jean-Michel Jarre.

De temps en temps, quelques interludes (déjà présents dans tout bon Blur) allègent (et intriguent) cet album avec la narration de Ben Mendelshon (oui, le Krennic de Rogue One !)… pour mieux repartir vers plus haut, plus fort…

Arrive « Submission » avec Danny Brown et Kelela qui vaut surtout par la touche du deuxième cerveau blurien, Graham Coxon …. (si, si, clairement Damon ne peut plus se passer de son acolyte depuis THE MAGIC WHIP !).

« Andromeda » avec D.R.A.M. met tout le monde d’accord avec des chœurs…

La pépite blurienne, toujours présente, suit, par surprise : « Busted and Blue », véritable ballade aérienne…

Puis, je dois avouer que le passage « Carnival », « Let Me Out » (avec Marvis Staples, autre envie d’impressionner …) et « Sex Murder Party » ne m’a pas révolutionné outre mesure… j’ai même trouvé, là, un petit bémol à mon enthousiasmZ !

« She’s My Collar » n’est pas non plus à la hauteur du début de l’album mais l’interlude « The Elephant » m’a fait glousser deux ou trois fois ! Passons sur « Hallelujah Money » , brûlot largement évoqué lors de sa sortie, dont la voix de Benjamin Clementine n’est, pour moi, pas suffisamment exploitée…

Reste que HUMANZ repart de plus belle avec « We Got The Power » où l’appui voix de Jenny Beth (Savages), le touché de guitare d’un certain Noel Gallagher et les synthés de Jarre font frissonner et donnent envie de sautiller avec des banderoles à la main… « On a le pouvoir de s’aimer »…. Allez, tous avec des confettis en forme de petits cœurs ! (je plaisante).

L’album simple finit ainsi et cela laisse le sentiment que Gorillaz a réussi son retour avec du lourd, du très lourd, et ne sont pas contentés de refaire du Gorillaz comme le voulaient les fans. Comme il le fait avec Blur, Damon Albarn invente, se réinvente, cherche, trace sa route, s’amuse et prolonge le plaisir de faire de la musique, pour la musique, par la musique !

Si ça vous dit, n’hésitez pas à vous procurer la version Deluxe qui rassemble cinq titres supplémentaires avec, notamment, « The Apprentice » et la voix stupéfiante de Rag’n’Bones Man qui vaut l’investissement !

Bon, maintenant, il faut bien expliquer et dire deux ou trois choses, non ? Premièrement, à la pochette, à moins que vous viviez sur Mars (ou Saturne, ha ha ha !), les ressemblances entre les personnages du groupe virtuel et certains musiciens très connus, vous sauteront à la gorge. 2D ressemble à une vision étrange de Jack White, Noodle se la joue Björk et Murdoc a des faux airs de Noel Gallagher, non ? C’est ambigüe et irrévérencieux au possible car, mis à part Gallagher (non crédité), aucun artiste n’est présent sur l’album (une perche pour la suite ?).

Certains trouveront que cela fait un peu trop d’influence, d’invités, de voix, de sons, de sons fabriqués, de diversité, mais HUMANZ peut être considéré comme une réussite assez exceptionnelle en raison des styles et des sons réalisés, car, même si certains (on cite Kanye West ou non ?) l’ont déjà fait, Gorillaz vient de faire mieux, encore.

Petit conseil d’un dino averti, ne vous arrêtez pas à une seule écoute qui risque de vous dérouter, de vous surprendre (surtout si vous êtes du genre à ne pas aimer le changement !) et à vous faire dire « Ah, non, ça ne ressemble pas à PLASTIC BEACH, merdus ! ».

Si vous pensiez à les voir, il faudra aller aux USA (tournée annoncée) ou attendre la date à Paris, car le festival Demon Dayz le 10 juin est complet (si, si)… et les line-ups des festivals ne semblent plus donner un espoir de sautiller devant Gorillaz…


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