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Cotton Belly’s en Interview

Live @ New Morning

Autoproduction

INTERVIEW - Aujourd’hui, à l'occasion de la Paname Blues Night n°6 qui se tient au New Morning, et qui verra défiler sur scène une grosse soirée rock n’roll avec Hot Gang, Blues Power Band, et Cotton Belly’s, Lords Of Rock rencontre tranquillement tous les membres du groupe Cotton Belly's, en terrasse, devant une petite bière avant le show. Avec Yann (Chant et Harmonica), Jérôme (Guitare), Christophe (Basse) et Aurélie (Batterie).

 

 
Salut les Cotton Belly’s, je vous rencontre aujourd'hui à l'occasion de la 6ème Paname Blues Night, au New Morning. Il y a du beau monde, Hot Gang, Blues Power Band, et bien sur Cotton Belly's.
Alors, vous avez une super actualité depuis quelques mois, des projets, des voyages, des lives, des clips, et des EPs.
Bref ! Comment ça va aujourd'hui, avant ce live qui va retourner le New morning ?

Jérome : Ben écoutes, ça va !  Nous sommes détendus. Et on a hâte de partager cette soirée avec les autres groupes. Ça devrait être une très bonne soirée, donc on a vraiment hâte que ça se passe.

Yann : Oui, ça a été bien préparé. On Co-organise la soirée avec Blues Power Band, tous les groupes ont vraiment mis la main à la pâte pour que ça se passe bien. Puis, on a fait tout le boulot depuis 3 mois, donc là tout de suite nous sommes sereins, avec une bonne bière, et on attend plus que de jouer.
 

S'il y a des gens sur le site qui ne connaissent pas encore Cotton Belly's, est-ce que vous pouvez nous raconter d'où vient le nom ? Et du coup, c'est quoi l'histoire de ce projet ?

Yann : Ok, alors le nom. « Cotton », c’est Jérôme qui voulait que ce mot soit dans le titre. Que l’on s'appelle « Cotton quelque chose », pour tout ce que le coton représente pour le Blues. Puis ensuite j’ai trouvé la seconde partie, « Belly » qui veut dire ventre en anglais, puisque tout simplement le Blues c’est une musique qui vient des tripes. Pour nous ça a du sens, Cotton Belly ça sonnait bien, et puis c’est l’occasion de faire un clin d’œil à Lead Belly qui est un bluesman qu’on aime bien. Puis on a ajouté l’apostrophe « ‘S » pour que ça sautille un petit peu. Cotton Belly’s quoi, et c’était cool.
Puis ensuite pour l’histoire, c’est un peu à la base, la rencontre de Jérôme et moi dans un pub irlandais en Seine et Marne.
C’est au même endroit que l’on a rencontré Aurélie lors des soirées bœuf.
[Aurélie fait coucou] Voilà, puis on se retrouve là, 10 ans plus tard.
Au bout de 3 ans d’aventure, on a rencontré Christophe, qui est venu nous accompagner à la Basse. En fait, au tout début on n’avait pas de basse, on jouait tout en acoustique. À l’ancienne, acoustique pur, guitares, voix, harmonica et voilà.

 

Trois albums qui ne sont pas passés inaperçus, 4 EPs, dont votre dernier Live Sessions qui est appelé "Volume 1", ce qui laisse supposer qu'il y aura un volume 2 … puis peut être même un volume 3. Et vous en profitez pour dévoiler des superbes clips enregistrés dans le studio. Du coup je vous pose la question tout de suite : vous travaillez déjà sur de nouveaux projets ? Le nouvel EP Volume 2 ? Un album en cours, de gros projets à venir ?

Yann : Alors oui, déjà le Volume 2 qu’on a commencé à enregistrer. Il devrait sortir d’ici la fin de l’année, courant Septembre-Octobre. Ensuite on travaille sur le prochain album, on voudrait le sortir courant 2018, peut être à l’automne 2018. Ce qui nous laisse le temps de bien le faire. Puis, on a déjà commencé à composer. Et comme tu disais, l’EP avec le Volume 1, on a encore des idées, on se permet des Volume 2 des Volume 3 etc… Parce que, dès qu’on souhaite mettre en place de nouvelles choses, exploiter des idées, ou des reprises qu’on ne veut pas forcément mettre sur des albums. Eh bien, on peut se le permettre sur le projet Live Session. Ce qui est cool, c’est que le concept, c’est « live » quoi. Donc on film tout, et on prouve que tout est joué en live en filmant, tout, et c’est one shot, à la fois dans l’image et dans le son.
Il y a des invités aussi, on invite des copains, des chanteurs, des musiciens, des amis qu'on veut faire venir comme ça, au gré du feeling.

Vous avez remporté plusieurs prix lors des tremplins nationaux, de Blues, de Jazz et de Rock. Ça vous a amené sur plusieurs belles scènes, sur les festivals en France, comme à Cahors. Mais vous avez aussi remporté l'année dernière, le prix du Challenge France Blues, ce qui vous a permis de représenter la France à Memphis pour l'IBC (Internationnal Blues Challenge). De ça, j'ai 2 questions : Les prix vous ont été remis par des professionnels et passionnés (voir érudits) de ces courants de Jazz, Blues et Rock, est-ce que c'est une consécration de se faire reconnaître par les professionnels du domaine comme ça ? Avez-vous été fiers de représenter la France dans ces instances internationales ?

Jérôme : Alors pour répondre à la deuxième question, oui on a été très fier de représenter la France à Memphis. Et puis effectivement, le fait d’être sélectionné par un jury d’afficionados, ça nous rassure sur la musique que l’on fait. Oui, il y a une part de fierté, et il y a une grosse part de fierté en plus lorsque tu te retrouves dans Beale Street, et que le public d’initié de là-bas viens te voir à la fin de ton show pour dire qu’ils ont vraiment adoré. Oui, c’était vraiment top, et même pendant le concours, ça nous a fait très plaisir de voir que notre musique plait à un jury d’initié et des gens dont c’est purement la culture, c’est vraiment royal.

 

– Votre meilleur souvenir du voyage dans le sud des États Unis (parce que vous n'avez pas fait que Memphis, il y a eu une période de live dans le Mississippi, puis votre voyage en Louisiane etc…) ?

Yann : Ce dont je me souviens le plus, c’est quand même le concert qu’on a fait au BB King’s Club à Memphis. Déjà, c’est le concert qui prouve qu’on a été jusqu’en demi-finale du challenge. Bon, ça c’est rigolo, mais c’est surtout qu’on a passé un super moment parce que le public était super chaud. Puis nous, on s’est vraiment bien éclaté. À ce moment, on n’a pas été sélectionné pour la suite, mais c’était vraiment un super concert. Le public a été vraiment acquis et il ne fallait pas longtemps avant que notre musique leur parle. Là j’ai vraiment ressenti, ça y est, les Cotton Belly’s aux états unis, ça se passe dans un Club, de BB King, à Memphis. C’est ce qui m’a le plus plu.

Jérôme : Alors, pour ma part ce qui m’a vraiment marqué c’est d’avoir parcouru cette rue mythique de Beale Street à Memphis, et d’y avoir rencontré et échangé avec des super musiciens d’a travers le monde. Mais aussi, tout ce qui s’est passé avant le concours, ou on est allé se balader dans le Mississippi, jusqu’à Clarksdale, et découvrir vraiment le berceau du Blues. Tout ça a vraiment été une très belle découverte et un très beau voyage.

Christophe : Mon meilleur souvenir, c'est les jams et la rencontre des musiciens. Ça a été clairement le plus de notre voyage sur Beale Street. C’est-à-dire qu’en plus de faire le concours, il y a un patron de bar qui nous a permis d’organiser des Jams sur 3 soirs. Ce qui nous a permis en plus, bah de … Taper le bœuf comme on dit chez nous.

Aurélie : Pour moi, c’est quand on a joué notre premier live à Memphis, au Clayborn Temple. Endroit où Martin Luther King a fait son dernier discours, une semaine avant de mourir, vraiment un endroit historique.
 

La prochaine on va la faire courte, c’est une grande question, mais le but du jeu, c’est de répondre en deux lignes. Pourquoi le Blues ?

Jérôme : Je kiffe le rock, et à force de creuser dans ce style spécifique, on tombe forcément sur le Blues. Et puis voilà, le Rock découle du Blues, alors je suis tout simplement revenu aux racines du style que j’écoute le plus.
 
Yann : J’ai vu le film Blues Brothers 2000 et c’est le bœuf final de tout le monde qui m’a éclaté. Avec le petit garçon qui fait de l’harmonica. J’avais 13 ans, et voilà, j’ai vraiment découvert le délire de cette musique à ce moment-là.

Christophe : Ben moi, c’est en rencontrant les Cotton Belly’s hein, c’est simple [rires].

Aurélie : Ah non, mais moi je sais pas. Pourquoi le Blues… il n’y a aucune raison, c’est parce que j’aime ça c’est tout. Cela me touche ce style.
 

Question directement à Yann à propos du chant, tu composes et tu interprètes les chansons en anglais, c'est un choix de ne pas chanter en Français ?

Yann : C’est une question de goût tout simplement, et de musicalité de la langue. Le Blues est né en utilisant cette langue, l’anglais, et c’est aussi ça qui me plait. C’est ça qui m’a donné envie de le jouer. Donc j’utilise ce code, pareil. En français j’ai beaucoup plus de mal, parce que pour moi, c’est un exercice très difficile de faire sonner du Français sur une musique qui est née dans une culture purement américaine. Après, je n’exclus pas un jour d’exploiter ça, car comme je dis, c’est un exercice très difficile mais ce n’est pas un exercice qui ne m’intéresse pas.  Maintenant, je trouve que c’est très dur de ne pas sonner « variétoche » quand on chante le Blues en Français pour être tout à fait honnête…  
 

Un Top 3 chacun des plus grands Artistes/Batteurs/Guitaristes/Bassistes Harmonicistes/Showman ?

Aurélie : Steve Jordan, Charlie Watts !
Et mon préféré je l’oublie tout le temps, alors 2 secondes il faut que je regarde sur mon téléphone. [rires] C’est Jim Keltner, qui a joué avec Eric Clapton, Ry Cooder et tous les grands au début, il est bluffant.

Christophe : Donald Dunn, le mec des Blues Brothers, et de Booker T & the MG’s déjà … Parce que c’est le bassiste un peu plus moderne, un peu plus foufou dans le délire de la basse Blues. Marcus Miller, même s'il ne fait pas de Blues …. Enfin si biensur, du Blues Jazz. Et ensuite je dirai Flea des Red Hot Chili Peppers parce qu’au final, c’est un super Bassiste de tout façons et en plus il joue super bien le Blues aussi.

Jérôme : Alors, pour moi le Top 3 à la guitare, ça va être Eric Clapton, Warren Haynes, et Steevie Ray Vaughan.

Yann : A l’Harmonica, ça va être Sonny Terry parce que j’ai tout simplement commencé avec lui. Ensuite Little Walter avec son son électrique. Et plus récement, un Français, et je pense que c’est tout simplement le mec qui joue le mieux de l’harmonica sur terre. Il a une maitrise technique à la fois sublime et surtout il s’en sert pas pour en faire des tonnes. Il s’appelle Vincent Bucher. Pour moi c’est un vrai musicien, parce qu’il a une technique formidable et il la met au service de la musique et pas au service de son petit ego pour dire que « moi j'sais faire si, moi j'sais faire ça ». Voilà, c’est le roi des harmonicistes, et celui que je préfère au monde ! Et vivant en plus.

 

Quels sont les groupes que vous écoutez en ce moment (les nouveaux groupes) ?

Jérôme : Alors pour moi, il y a Alabama Shake !

Yann : C’est dur comme question …

Christophe : Il y a Samsara Blues Experiment, on les a vus en concert il n’y a pas longtemps en plus. C’est vraiment bien. Blue Pills aussi, c’est super bien.

Aurélie : Mick Ravassat (& the Blue Team), super groupe, super guitariste, super batteuse.
[rires] Yann : C’est elle la batteuse ! Mais c’est vrai que c’est super bien Mick Ravassat & the Blue Team. Sinon, pour ceux pour qui ça marche déjà bien, donc plus des « nouveaux », Aurélie m’a fait découvrir Chris Stapleton qui est un chanteur guitariste américain, c’est génial ce qu’il fait. Mais, ça marche déjà pour lui, il est plus en développement.

 

Un album ? Un titre en particulier ou un film que tout le monde devrait avoir vu ou entendu ? Genre le truc qui a été tellement fort lors de la découverte, tu t'es dit, c'est ça que je veux faire, je ne cherche plus.

Yann : Ben, je vais me répéter, mais pour moi : Blues Brothers 2000. Cela a été tout pour moi, une révélation, à la fin de ce film, tout simplement, je me suis mis à l’harmonica.

Jérôme : Pour moi, c’est quand j’étais ado, et que j’ai vu la tournée des Guns and Roses et le live au Tokyo Dome en 1990. Tout de suite ça m’a donné envie d’en faire mon métier.

Christophe : Wayne’s World ! Megateuf !

Aurélie : Kurt Cobain !

 

Les compositions du groupe sont inspirées d'énormément de styles, il y a un peu de BlueGrass, un peu Rock à la Led Zep, une inspiration Folk, et une base pure Blues façons Chicago, et d'idées différentes. Pour toi la musique n'a pas de limite ?

Yann : En gros c’est ça, le fil conducteur c'est le Blues. Mais on n'hésite pas à aller s’inspirer d’autres styles de musique. On fait ce qui nous plait, sans non plus se dire « ouai on va faire un reggae, on va faire un dub, on va faire un machin », aujourd’hui il y a un son propre à notre groupe. Il y a une identité propre à conserver. Maintenant, il y a des limites, mais elles sont grandes. La  cour de récré pour que l’on puisse créer est large quoi.
 

C'est la dernière question, le Blues c'est l'occasion de Jammer et de retrouver les amis sur scène, vous avez joué avec Greg Zlap, et avec quelques pointures françaises, et vous avez fait de belles rencontres sur scène y compris lors du voyage, et d’ailleurs, ce soir ça risque de jammer sévère avec les pointures françaises. C'est quoi vos meilleurs souvenirs de jams sur scène ?

Yann : Je pense que je vais être nostalgique, mais mes meilleurs souvenirs de Jams, ce sont ceux qui ont donné l’occasion de cette rencontre avec Aurélie et Jérôme. Il y a 10 ans, c’était mes premières Jam, les premières scènes ouvertes, avec le Peter Alexander Band, qui est un groupe de chez nous. C’est des vieux de la vieille, qui nous ont permis de nous rencontrer sur scène. C’est clairement avec eux que j’ai eu les meilleures sensations de Jam, dans le sens où c’était les premières fois, les premières jams et la découverte de tous ces échanges tout simplement.

Jérôme : C’est simple, je vais rejoindre Yann, les meilleurs souvenirs de Jam c’était il y a 10 ans dans ces moments. Là où on pouvait boeuffer avec le Peter Alexander Band. C’est aussi là que j’ai eu l’occasion de jammer avec un des guitaristes que je considère comme un des meilleurs en France, Mick Ravassat. Le fait de juste pouvoir jouer avec lui, ça te fait progresser, donc ça le fait niveau partage et niveau Jam. Que des bons souvenirs que j’ai avec lui.

Yann : Mick Ravassat qui sera sur le Volume 2 de Live Session ! Ah tu veux de la news, voilà du teasing pour la suite !! [rires]

Christophe : Pour moi, c’est un peu ce que je disais tout à l’heure, le souvenir des Jams aux states. Plein de mecs, ou en plus, je ne suis pas toujours super à l’aise en anglais. Donc on a communiqué musicalement, des petits regards, et des échanges d’une manière différente. C’est ça que j’ai le plus apprécié dans mes dernières expériences de Jam.

Aurélie : Pareil que Yann et Jérôme, ces premières Jam d’il y a 10 ans. Je ne vais rien ajouter de plus, si ce n’est que ces gars là, on les voit toujours aujourd’hui. Je joue régulièrement avec eux en remplacement. Et pour la confiance qu’ils nous ont apporté, et tout ce qu’on a pu échanger. C’était vraiment cool et un super souvenir.

 

Eh bien voilà, c’est la fin de l’interview. J’ai été très heureux de vous rencontrer (et de vous re-rencontrer en fait, j’ai le droit de le dire maintenant qu’on se connait depuis quelques mois). Et je vais vous souhaiter un bon live ! Quelque chose à ajouter ?

Yann : On a bien bossé, on a hâte de jouer pour la première fois un nouveau titre. Il s’appelle "Broken Line", et on a pu l'enregistrer à Memphis d’ailleurs. On ne l’a jamais joué sur scène, c’est la première fois ce soir. Et pour la petite histoire, c’est un titre qu’on a écrit pour un ami qui n’est plus là aujourd’hui, et on est content de pouvoir lui faire cet hommage.

Super ! A tout à l’heure alors !


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