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The Whitest Boy Alive - Tape Club, Berlin

Tape, Berlin (DE), Samedi 28 août 2010

Categories: Concerts

 

 REVIEW Entre Erlend ”Orlando” Øye et la capitale allemande, c’est une longue histoire d’amour. Déjà triomphal en 2009, le concert de son projet parallèle The Whitest Boy Alive au Tape Club samedi passé relevait de la haute voltige.

whitestboy The Whitest Boy Alive à Berlin

La soirée sera longue et belle

En aucun cas un coup commercial : le concert organisé par le club du Mitte regroupant les norvégiens de Kakkmadafakka et leur semi-compatriotes Whitest Boy Alive en ce mois d’août maussade n’a été annoncé que deux semaines auparavant, à l’aide de discrètes affiches (la pochette de RULES brillamment détournée pour l’occasion par l’excellent illustrateur Geoff McFetridge) et un bouche à oreilles marchant du tonnerre. Pas trop de scrupules donc de lâcher 15 petits euros afin de voir le groupe chéri des Berlinois. C’est un fait, Erlend Øye se cache derrière la mise en place de ce concert en plein air qui risque bien de devenir traditionnel après le succès de l’an passé, en pleine canicule. Derrière le Tape, situé à quelques pas de la Hauptbanhof, un terrain vague rendu boueux par trois semaines de délit de sale temps. Une scène quasi bancale, coincée entre un long bar improvisé (le bar, très important), des palettes dont on ignore la provenance mais qui seront bien utiles pour les quelques chanceux qui éviteront les lacs épars, et du bitume déchiré par le temps. Rien de très glamour mais il y a plus préoccupant : le retard des concerts aidant peut-être, le bloc massif de nuages noirs a mis la flèche à droite. Entendu ici et là : « qu’il pleuve seulement, The Whitest Boy Alive réchauffera la ville entière ».


The Whitest Boy Alive : une merveilleuse trouvaille formée sur ces mêmes terres en 2003 par celui qui connaissait déjà la reconnaissance au sein des cultes Kings of Convenience ainsi que le local Marcin Öz. Une envie commune de faire de la musique électronique rapidement dépassée par l’évidence du superflu des machines : avec Sebastian Maschat à la batterie ainsi que Daniel Nentwig au Rhodes et Crumar, le groupe semble débarquer pour faire vivre une électro bien trop monolithique par moment ou plutôt par endroit. The Whitest Boy Alive, où l’impression de gouter au divin alors que les ingrédients sont extrêmement simples. C’est un fait : un concert open air, organisé à la va-vite, pourrait bien noyer la qualité du travail fait en studio. On prendra ainsi connaissance des compétences des préposés au son avec le groupe d’ouverture, les – très – sympathiques Kakkmadafakka, proches des germano-norvégiens. Sous des atours légers, force est de remarquer en eux de grandes habilités rythmiques et scéniques. Avec leurs gueules de beaux gosses scandinaves directement sortis d’un youth movie, Kakkmadafakka troussent cependant de remarquables pop songs, parfois proches du quartette à Øye, des Mando Diao d’un bon soir, et du raggea sans aucune nonchalence, avec des paroles faciles, un peu couillonnes. On ne donnerait pas femmes et enfants pour ce groupe, mais il y a là derrière de sacrées aptitudes qui pourraient bien déboucher sur quelque chose et non plus seulement contenter les kids de Bergen, Malmoe ou de Copenhague. Parmi les points importants, à noter le duo de choristes improbable, tentant le tout pour le tout, aussi peu synchronisé que les Ting Tings sur scène. Associé à une gouaille proche des Happy Mondays, des dégaines à la Mick Hutnall (Simply Red), des belles envolées rythmiques, le groupe fait une prestation optimale en prévision de ce qui nous attend.

1 The Whitest Boy Alive à Berlin

La bonne affaire donc : les éclaircies accompagnent la venue des Whitest Boy Alive sur scène. On espère secrètement un niveau sonore supérieur à celui de l’ouverture et on jubile tout en se demandant comment donc en Francophonie on arrive à ne pas faire de grève de la faim devant la soupe fréquemment offerte par les festivals / foires à la saucisse. Bref, ”Keep a Secret” pour lancer dans une veine jazzy le concert. Il faut presque tendre l’oreille pour entendre ce formidable clavier Crumar 1978 s’enrober dans la voix indécente d’Erlend Øye. Sa tignasse rousse, ses lunettes rondes XL, son anorak bleu se plient pour réclamer plus de gentillesse de la part des vigiles pour les premiers rangs de la même façon qu’un entomoligiste rouspéterait sur un coléoptère : c’est très drôle, touchant et surtout efficace. Erlend désire bien recevoir ses invités d’un soir, c’est compris ? Le concert reprend avec ”Dead End“, puis l’affable ”Gravity” suivi de ”Intentions”. En parcourant le répertoire de leur dernier album – RULES – le groupe se met en place, gentiment. La soirée sera longue et belle. ”Time Bomb” nous boute doucement de notre tendre torpeur. Ce son qu’on ne croyait pas suffisant s’introduit gentiment corps et âme. On zappe rapidement ”Rollercoaster Ride” pour se célébrer jovialement ”Burning”, titre inaugural du projet Whitest Boy Alive (2006) et en tête de liste des préférences d’un public aux anges.

Joie cafardeuse

On y danse gentiment, sans prétention, juste pour le plaisir d’être présent. On dit parfois qu’un public reflète fidèlement la mentalité d’une ville : ici, à la coule, bon enfant, tolérant mais aussi connaisseur sans faire semblant. Et surtout généreux. Tant mieux, la suite du concert prend des allures de triomphe et de célébration. ”Courage” fait chanter en chœur les 2000 personnes présentes, ”1517” est joué à la perfection après un court break, histoire de préparer les derniers assauts harmonieux. Ca sent la fin : les premiers accords du superbe ”Island” sont joués et on se prend déjà à regretter ce concert. En sept fascinantes minutes, les quatre instruments des Berlinois créent une brèche dans nos carapaces. Les paroles semblent presque superflues :  « I think you got mixed up with care / Taking care, taking care ». En rappel, le très beau ”Don’t Give Up”, où l’on se croirait presque face aux trop rares Kings of Convenience, puis la reprise surprise de ”Show Me Love” de (l’énorme tube disco de Robin S de 1993), adroite et parlante sur les vastes influences du quartette. Comme quoi on peut toucher la grâce en citant du trivial. Le double tour de montre est presque atteint le temps d’inviter tout le public à un after show dans la petite salle du Tape (« Enfin, pas tous, seulement ceux qui en ont vraiment envie, sinon on ne pourra pas faire rentrer tout le monde. Enfin, venez tous sinon on sera seuls » dixit le toujours aussi cocasse Erlend Øye). Lumières de scène éteintes pour mieux apprécier le coucher de soleil sur la ville qui ne dort jamais. Joie cafardeuse d’avoir assisté à un grand truc, en toute simplicité. Sûrement la marque de fabrique de ces décidément passionnants Whitest Boy Alive.

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imagescec The Whitest Boy Alive à BerlinThe Whitest Boy Alive

Rules (2009) / Label: Bubbles

Chroniqué par Antoine Tille le 31 mars 2009

Lire la chronique ici



Ecrit par Julien Gremaud - Le 30 aoû 2010


The Whitest Boy Alive Live at Coachella 2010, Part 1 from ZManBarzel on Vimeo.

Erlend Øye & The Whitest Boy Alive performing live at the Gobi Tent at the Coachella Valley Music & Arts Festival on Friday, April 16, 2010. Setlist: "Keep A Secret"; "High On The Heels"; "Intentions"



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