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The Rolling Stones - Exile On Main Street - Déchronologie |
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| Label: Universal |
Categories: Chroniques CDs
Rock’n'Roll Tout ou presque a déjà été dit sur EXILE ON MAIN STREET. Cette réédition n’apporte rien de plus à la gigantesque carrière des Stones. Ce ne sont pas ces 10 titres bonus qui vont changer quelque chose. Par contre ce disque permet de nous replonger dans l’histoire et de découvrir ou redécouvrir un album mythique.
Pour bien comprendre l’envergure de cet album, il faut déjà se replacer dans le contexte de l’époque qui est bien particulier. Eté 1971 les Stones sont sur la côte d’azur pour enregistrer cet album. Leur carrière est à l’apogée, les gros tubes cartonnent dans le monde entier, ils sont ultra médiatisés, les événements d’Altamont se sont passés il y a deux ans et ils se retrouvent avec une équipe de musiciens et de fêtards dans cette villa de Villefranche-sur-Mer pour enregistrer un double album. Alors bien évidemment, entre l’excès de drogue, d’alcool et de sexe, les rumeurs et les anecdotes vont bon train. Certaines démenties, d’autres pas, bref, on devine aisément l’ambiance festive qu’il pouvait y avoir. Festive certes, mais parfois électrique, car les divergences entre Jagger et Richards se font sentir par moments. Les coups de gueule, les disputes et les casses se font entendre à des km à la ronde. Finalement les enregistrements se font et 18 titres font leur sortie en 1972 sur l’unique double album du groupe à ce jour EXILE ON MAIN STREET.
C’est grave Docteur?
Particularité de cet album : Pas d’énormes tubes qui caractérisent les Stones. Par exemple sur le best of de 2002 FORTY LICKS on retrouve 2 morceaux d’EXILE: “Happy” (chanté par Keith Richards) et “Tumbling Dice”. Mais ce ne sont pas des titres majeurs de la discographie du groupe. Sinon ce qui frappe véritablement à l’écoute de cet album c’est l’influence US qui plane sur tous les morceaux. On n’a vraiment pas l’impression que le groupe s’est formé à Londres. On a le sentiment d’entendre un groupe de blues rock accompagné de chanteurs gospel (Let It Loose). On sait bien que le blues a toujours été une influence chez les Stones, mais c’est vraiment dans cet album que l’on s’en rend compte. Les cuivres et le piano n’ont jamais sonné aussi juste que sur ce disque, c’est du pur bonheur (Casino Boogie). On ne va pas décortiquer les 18 titres de ce disque, car des gens sans doute plus qualifiés l’on fait 38 ans avant nous, mais écoutez juste “Rip This Joint” le morceau le plus court de l’album ou encore “Rocks Off” (vidéo en dessous) et si vous ne ressentez rien, c’est très grave Docteur…

Bon super ce disque, mais pourquoi une réédition ? Et que valent les 10 bonus du deuxième CD ? Ben les rééditions ça marche toujours… surtout quand on est le plus grand groupe de rock de tous les temps. Et il fallait bien dépoussiérer et remasteriser cet album pour les générations futures. En ce qui concerne le deuxième disque composé d’inédits, il s’agit de morceaux instrumentaux de l’époque avec des voix et des instruments rajoutés l’année dernière. Rien de jubilatoire, mais toujours des « nouvelles » chansons pour les inconditionnels fans et collectionneurs. On est resté dans cette ambiance américaine populaire où le swing et le blues règnent en maître. Et pour des inédits retrouvés au fond d’un vieux tiroir (c’est ce qu’on nous fait croire à chaque fois, on imagine un mec qui ouvre un vieux tiroir et qui tombe sur des bandes cachées derrière de la paperasse), c’est de la bonne qualité. On prend beaucoup de plaisir à écouter ces inédits, même si ce n’est pas du 100% original d’époque. EXILE ON MAIN STREET est donc devenu un album de légende qui transpire tout ce que les Rolling Stones ont pu faire de meilleur. Chef d’œuvre parmi une carrière dantesque, il symbolise tout le talent des musiciens et toute la décadence de cette époque.
Ecrit par Anthony Golay - Le 26 jui 2010
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