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Menomena - Mines

Label: City Slang (distr. Irascible)

Categories: Chroniques CDs

 

OPERA INDIE Et hop, un nouveau groupe provenant de Portland, Oregon. Et comme souvent, passionnant. Enfin, pour ceux qui ne décrochent pas à mi-parcours. Tentons la descente dans le trip Menomena. Car récompense il y a. Explications.

menomenami MenomenaSide project originel de Danny Seim, alors opérationnel au sein du groupe Lackthereof, Menomena s’est rapidement imposé comme un dessein fort intéressant. Et a d’ailleurs profité d’un coup de pouce bien heureux en recevant un Grammy Awards honorant le travail artistique de la pochette du dernier album, FRIEND AND FOE (2007). Pour le quatrième et nouvel album, MINES, Seim et ses deux zélateurs – Brent Knopf et Justin Harris – se la jouent plus sobre pour mieux cacher un trésor musical, sur lequel coller une étiquette semble être un acte périlleux. Nonchalament, ”Queen Black Acid” débute ce 11 titres formule lo-fi laissant les aptitudes vocales s’exprimer franchement. ”Taos” renverse le paradigme avec un hard rock putassier. On doute un moment. Des signes de prog rock. Un piano sous-jacent. Et des trompettes. Une batterie pétaradante. Puis une escalade attaquée sagement se destinant vers un sacré remous. Du Wolfmother avec paillettes. Intrigant. Presque un chaos cérébral.

Sans affolement

”Killemall” confirme cette bonne impression, en enchevêtrant quatre morceaux en un, sans affolement. Comme la propre définition que donnerait Portland de la New Wave, même si dans la lignée ”Dirty Cartoons” fera chier tout fan des trois premiers titres, où la prétention dépasse le bon sens, comme s’il fallait dépasser Coldplay. Alors, Menomena, résonnable ? Mieux : ”Tithe” et son entrée façon Patrick Watson en cliquetis. On poursuit cette étrange idée de jouer dans des grands stades mais d’une manière moins vulgaire. Etrange : où ont donc filé les merveilleux élans prog rock du trio ? Dans ”Bote” semble-t-il, sans halte. Menomena prend tout le monde à contre-pied. Déroutant. En version originale, Seim donne une indication sur ce MINES si perturbant : « When a song became familiar to one of us, the other two members broke it apart again, breaking each others’ hearts along the way. We rerecorded, rebuilt, and ultimately resented each other. And believe it or not, we’re all proud of the results ». On hoche de la tête alors que tout s’arrête, un break, et un ouragan d’instruments balaie tout. Et ces trompettes. Démentes. Super, l’entracte ”Lunchmeat” ressemble à du Flaming Lips, histoire de souffler un peu, modalité années 80. “Oh Pretty Boy, You’re Such a Big Boy” relance le débat, penchant cette fois-ci vers l’influence de Blur, version THINK TANK, avec soin, et ”Five Little Room” ne fait rien pour amener une quelconque piste explicative. On laisse les deux dernières épreuves du LP nous terminer, ”Intil” étant un épilogue de fort bon goût, concluant ce disque / grand huit sur une certaine classe, donnant peut-être la clé d’accès : plus qu’une collection de styles réunis, Menomena ose faire un album entier et non pas une suite de titres sans liens. Pas l’album de l’année, mais assez audacieux et irrespectueux pour être salué.


Ecrit par Julien Gremaud - Le 26 aoû 2010




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