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Wild Beasts en interview

En Interview

Label: Domino / Musikvertrieb

Le nouvel album des Wild Beasts, SMOTHER, sortira le 10 mai prochain. A l'approche de cet événement musical attendu, Tom Fleming (bassiste) s'est confié à nous lors d'une conversation téléphonique. Nous éviterons de nous étendre sur ce nouvel opus, une chronique étant en cours, mais en quelques mots ou en mille, il sera certainement l'un des albums marquants de 2011. Le single "Albatross" est d'ores et déjà en écoute sur leur Myspace et de nombreux sites, l'occasion d'imaginer ce dont recèle cette oeuvre enchanteresse.

 

Lords Of Rock: Pourquoi SMOTHER?
Tom: C'est un mot à double sens. Nous voulions un album « consolateur » en quelque sorte. SMOTHER (ndlr. suffoquer), c'est être proche. Mais également intime, trop intime des fois. Ca peut-être confortant. Parfois ça ne l'est pas. On voulait jouer sur ce double standard.

 

Quelle atmosphère domine dans cet album? Dans quel sorte d'état d'esprit étiez-vous? Il est très romantique, presque sensuel…
Merci de l'avoir remarqué! (Rires) On a tourné pendant presque deux ans et ça en était devenu presque chaotique. Ca a joué sur l'album qui, en contradiction, est devenu très personnel, doux et lent. Le pire aurait été de l'écrire pendant cette tournée. On a préféré se poser un peu et lui donner une couleur humaine. Après, je parle pour moi…

Mais oui, c'est intime tout en comportant l'effet pervers que l'intimité peut avoir. La plupart sont des chansons d'amour mais avec un aspect tridimensionnel. On a voulu aller plus loin que « je t'aime plus que ça » ou « je te hais plus que ça ». Nous voulions incorporer des choses très différentes. Parfois du porno bizarre. (Rires)

 

L'enregistrement s'est passé au nord du Pays de Galles. Est-ce que cette ambiance particulière a eu un impact?
Oh, il pleuvait tout le temps. On était toujours enveloppé de ce brouillard. C'est sûr que l'environnement peut avoir un effet mais c'est surtout parce qu'il n'y avait nul part où aller. On ne pouvait pas s'échapper. Donc oui, des environnements comme ça ont une influence. C'est très prenant. Ca n'a rien à voir avec un enregistrement à Londres, par exemple, comme on l'a fait pour le précédent. On pouvait rentrer à la maison après le travail. Une sorte de routine. Là, au Pays de Galles au milieu de nul part, on était concentré que sur la musique. Mais on était bien contents de partir une fois terminé. Pour moi, cette façon de travailler est bien plus saine. Et plus productive bien sûr.

 

 

Est-ce la raison de votre rapidité? Six semaines d'écriture et un mois d'enregistrement!
Oui, oui. J'imagine que ça paraît très rapide. Mais on se définit comme des musiciens plein-temps. C'est plus ce que tu fais que ce dont t'es capable. Le fait de vivre à Londres y contribue. Tu veux montrer aux gens ce qui a été fait. Certains groupes peuvent passer six semaines à chercher un seul son et nous on peut faire un album. Il faut différencier entre l'idée conceptuelle et la réalisation. La réalisation doit être rapide selon moi, car les choses peuvent se perdre très vite.

 

Qu'en est-il de la collaboration avec Richard Fornby? Vous aviez déjà une collaboration intense avec ce producteur.
Son influence sur nous est énorme! Il fait surtout de la musique électronique, ce qui nous aide à faire évoluer notre musique. Egalement, il ne dit jamais non. Ce n'est pas utile car son opinion compte tellement pour nous qu'en général on est tous d'accord.

 

Il semble presque appartenir au groupe…
Oh, certainement. Ce qu'il a fait sur "Smother" est incroyable. Il avait un stock d'enregistrements obscurs, de mines (forges).

 

Quels sentiments aimeriez-vous inspirer aux auditeurs?
(Rires) Tu sais, maintenant l'album ne nous appartient plus mais à ceux qui le possèdent et l'écoutent. C'est censé être un album évolutif. La voix est là pour parler aux gens, très douce, en retrait. Et non en performance continue, qui irait au-delà de ce qui peut sembler « vrai », « honnête ». C'est un murmure. Le plus important pour nous, c'était cet effet-là.

 

Comment décrirais-tu votre évolution musicale? Un troisième album est en général un pas important, tu sais. (Rires)
Oui, c'est en général l'album de la maturité et, sans clichés, je pense qu'il l'est. Ca me paraît logique. Tout comme le deuxième suit le premier. Le public pense que t'as existé suffisamment pour être capable d'un très bon album. Dans SMOTHER, nous avons essayé de retirer tout ce qu'il y avait avant. Dans TWO DANCERS, il y avait beaucoup de guitares, de batterie. C'était brut. Là c'est plus long, lent, doux. Je pense que les meilleurs artistes ont ce talent de faire de la grande musique avec quelques accords, quelques notes. Nous avons essayé de nous en approcher, sans fioritures. On espère en avoir été capables. (Rires)

 

Vous attendez-vous à ce même engouement de la critique que pour TWO DANCERS justement?
(Rires) Un engouement critique, ça peut représenter ce que plein de gens pensent, et être juste une transmission de leur avis. Mais parfois, ça ne l'est pas. On a eu de la chance car les « bonnes personnes » ont dit au bon moment qu'ils aimaient notre musique. Néanmoins, ce qu'on aime le plus, c'est faire des concerts, parler aux gens après. On veut être écouté, et nos voix entendues. Avant, nous étions ces adolescents énervés, désespérés d'être écoutés. A notre stade, on ne veut plus crier.

 

 

SMOTHER le murmure, comme tu disais.
(Rires) C'est exactement ça.

 

Vous, ou votre manager, avez décrit votre musique comme étant en dehors des vices de la mode. J'avoue que j'approuve totalement. Votre son est très particulier et très différent de ce style « indie british ».
Oh, j'espère. Ce style est tellement déprimant. La sortie de notre premier album (ndlr. LIMBO, 2008) a coïncidé avec une période musicale très déprimante. Je pense que ça remonte un peu la pente mais pas assez rapidement. Nous ne voulions vraiment pas nous identifier à cela, ni y être identifiés. Pas être un stéréotype de quatre mecs en jeans slim écoutant perpétuellement les albums des Clash. A mon avis, on a toujours été des outsiders en quelque sorte, des garçons du quartier. C'est un peu antisocial de n'appartenir à aucune scène mais ça permet peut-être de poser ses bases plus solidement.

 

Dans ce cas, à quel artiste ou groupe pourrions-nous, journalistes, vous comparer? (Rires)
(Rires). On écoute beaucoup de Brian Eno. Aujourd'hui, dans le train, c'était Klaus Schulze. Ou Talk Talk. De la musique « adulte ». Pas péjorativement, mais dans la façon d'être.

 

Probablement à cause de la voix d'Hayden, j'aurais tendance à dire Anthony… Ou The Irrepressibles.
Oui, Anthony est clairement une influence forte. Ce que j'aime vraiment chez lui, à part sa capacité à sonner comme lui-même à chaque fois, c'est qu'il ne rentre dans aucune catégorie. Ce n'est pas de la pop au sens pur, pas « easy-listening ». Aussi, il est vraiment intéressant! Il est pourtant dominé par des mecs comme Kings of Leon.

 

Je dirais que la différence entre Wild Beasts, Anthony, et Kings of Leon, c'est que vous, n'appartenez à aucune période, ni courant. Intemporel…
Oh merci. C'est exactement tout ce qu'on voudrait être. Je pense qu'on fait de la musique moderne, mais peut-être pas celle d'aujourd'hui ou de demain. On ne peut bien sûr pas influer sur la durabilité de notre musique, c'est hors de contrôle mais il faut avoir une vision élargie, le monde est plus grand que ton voisinage. Il faut avoir les canaux ouverts si tu veux faire quoi que ce soit de bien et de décent.

 

Des festivals en Europe et en Suisse peut-être?
Ah…Je ne peux pas l'annoncer mais oui! Nous viendrons. Je ne peux malheureusement pas te l'annoncer tout de suite. (Rires)


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